Graham Denholm/Getty Images

Tennis : l’Open d’Australie perturbé à cause des fumées des incendies ?

Le tournoi qui s’est ouvert en début de semaine à Melbourne subit les conséquences des feux de forêts qui ravagent le pays.

Les qualifications de l’Open d’Australie de tennis ont été perturbées mercredi pour la deuxième journée consécutive par la fumée toxique liée aux incendies, retardant les matches de qualifications. Un nuage toxique s’est abattu mardi sur Melbourne, où doit bientôt débuter le premier tournoi du Grand Chelem de l’année : pour l’heure, le tournoi en est à ses qualifications.

Ce nuage de fumée est dû aux incendies qui dévastent le sud-est du pays depuis plusieurs semaines, entraînant des dégâts écologiques sans précédents. La pollution à Melbourne a atteint en début de semaine un niveau de "dangereux". Le site Air.PlumeLabs, qui répertorie la pollution de l’air par ville, qualifie même la ville de Melbourne de "Airpocalypse", avec des niveaux atteignant 346 AQI (Air Quality Index), contre 66 habituellement.

Publicité

Sur les journées de mardi et mercredi, la qualité de l’air de la ville de Melbourne oscille entre "extrême" et "airpocalypse", le plus haut niveau atteignable. (© Plume Labs)

Ces mauvaises conditions ont perturbé mercredi matin les épreuves de qualification, qui ont dû être suspendues jusqu’à 13 heures heure locale. Les habitants se promenaient avec des masques sur le visage. Dans l’après-midi, les niveaux de pollution s’étant légèrement améliorés, les organisateurs de l’Open d’Australie ont décidé de reprendre les matches malgré une atmosphère encore voilée. Un temps orageux s’est installé mercredi d’après-midi, s’accompagnant de fortes précipitations qui ont contraint les joueurs à interrompre leur match.

Ces conditions météorologiques devraient contribuer à éloigner de Melbourne ce nuage de pollution et à laisser place jeudi à un ciel plus clair. Cette pluie devrait également atteindre d’autres régions du sud et de l’est de l’Australie, où des dizaines de feux de forêt demeurent hors de contrôle, menaçant de dévaster de nombreuses villes rurales.

Publicité

Du côté des joueurs et joueuses, malaises et indignations

Le maintien des qualifications de l’Open d’Australie mardi n’a pas été de tout repos pour les joueurs et joueuses présent·e·s : certain·e·s ont été victimes de malaises, victimes de troubles respiratoires. La joueuse slovène Dalila Jakupovic a dû abandonner au premier tour des qualifications, après avoir souffert de violentes quintes de toux sur le court.

À Melbourne, la possibilité d’interrompre ou de retarder des matches lors de l’Open d’Australie, qui doit durer deux semaines, a été évoquée. Craig Tiley, le patron du tournoi, avait affirmé la semaine passée qu’une annulation était "peu probable", et que la situation était suivie de près. Du côté du numéro 2 mondial Novak Djokovic, président du Conseil des joueurs au sein de l’Association de tennis professionnel, le report de l’Open d’Australie doit être envisagé.

Publicité

"Si les conditions affectent la santé des joueurs, oui, il faut y penser. Mais c’est probablement la toute dernière option à envisager, les organisateurs vont essayer de faire tout ce qu’ils peuvent pour ne pas reporter car il y a un calendrier à respecter et beaucoup de choses sont en jeu. Mais la santé est une préoccupation pour moi et pour tout le monde", avait-il déclaré quelques jours avant le début des qualifications.

Plusieurs joueuses et joueurs ont critiqué la décision de faire jouer des matches dans ces conditions, comme l’Ukrainienne Elina Svitolina ou le Français Gilles Simon. Ce dernier a déclaré dans un tweet : "Quand on trouve des médecins qui affirment que jouer par 45 degrés n’est pas dangereux à l’AO et des juges arbitres qui affirment que l’herbe mouillée n’est pas glissante à Wimbledon, on doit bien pouvoir trouver un expert qui certifie que la qualité de l’air est suffisante non ?" Quant à la 5e joueuse mondiale, elle s’est exprimée dans un tweet déclarant : "Pourquoi devons-nous attendre quelque chose de grave pour faire quelque chose ?"

Konbini news avec AFP

Par Pauline Ferrari, publié le 15/01/2020