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Présidentielle américaine : ce qu'il ne fallait pas manquer à 3 semaines des élections

Publié le

par Inès Roulaud

Montage © Tana Mongeau / Scott Olson – Getty Images / Frederic J. Brown / AFP

Des longues heures d'attente, des fausses boîtes aux lettres, un soutien inattendu et encore des tweets problématiques...

Qui de Donald Trump ou Joe Biden remportera les élections américaines ? Retour sur les cinq moments forts de cette semaine présidentielle haute en couleur.

Le chiffre de la semaine

Près de 11 heures. C’est le temps d’attente que les électeurs ont passé dans des centaines de files. Avec plus de 17,8 millions de votes par anticipation à l’élection présidentielle du 3 novembre, les bureaux ont été submergés.

Une situation inédite en pleine crise sanitaire. L’affluence dans les bureaux s’explique aussi par le fait que 36 États ont rendu les conditions de vote plus faciles. Ne plus demander aux électeurs de justifier leur choix par des raisons médicales ou professionnelles est l’une des nouvelles conditions.

Comme le rapporte le New York Times, des files d’attente de plus de 8 heures ont été observées, notamment dans le comté de Gwinnett (Géorgie). Des "bugs de programmation" ont été constaté comme à Fort Bend, près d’Houston (Texas), où près d’une trentaine de bureaux ont dû fermer pour cause de panne des machines à voter.

Selon Elections Project, qui compile les données sur le vote anticipé, l’année 2020 présente un taux de participation record. Les démocrates sont les plus enclins à voter par anticipation. Selon un sondage Gallup, 62 % d’électeurs de Biden ont déclaré y avoir eu recours, contre 28 % des électeurs de Trump. Ce dernier a d’ailleurs exprimé sa défaveur à l’égard du vote par anticipation qui, selon lui, pourrait entraîner une fraude généralisée.

D’après les données d’Elections Project, basées sur les différents États américains, près de 10,4 millions de citoyens américains ont déjà voté. En comparaison, seulement 1,4 million d’électeurs avaient voté par anticipation le 16 octobre 2016.

La polémique de la semaine

Les votes par correspondance ont donc submergé les bureaux et de longues heures de queues ont été constatées. Et cela a fait éclater une nouvelle polémique. Selon le New York Times, de fausses boîtes aux lettres ont été déposées par le Parti républicain en Californie, dans les comtés de Los Angeles, Fresno et Orange.

Elles sont apparues dans divers endroits, près de magasins de vente d’armes, d’églises, ou encore près de bureaux locaux du Parti républicain. Sur ces fausses boîtes aux lettres, un autocollant est apposé "boîte officielle de dépôt de vote" ou "boîte de dépôt de votes". Le New York Times écrit "pour l’électeur ordinaire, rien ne les distinguent des sites de dépôt dépendant de l’État, lesquels sont soumis à de stricts règlements afin d’éviter la manipulation partisane des bulletins de vote".

Les démocrates estiment que ces boîtes trompent les électeurs. Lors d’une conférence de presse, le secrétaire d’État Californien Alex Padilla et le procureur de l’État Xavier Becerra ont annoncé avoir envoyé une ordonnance à l’antenne locale du Parti républicain, demandant le retrait de ces boîtes aux lettres indiquant : "Tromper les électeurs est malhonnête, peu importe le camp qui s’y adonne."

Le parti de Donald Trump a refusé de se soumettre à l’ordonnance prétextant, lui aussi, être dans son bon droit. Le président actuel étant hostile au vote par correspondance, poser des boîtes aux lettres permettrait au Parti républicain de montrer la supposée non-fiabilité de ce système de vote.

Toujours d’après le quotidien new-yorkais, les autorités compétentes ne soupçonnent pour l’instant aucun parti d’avoir voulu trier les bulletins. Les votes rassemblés par le parti de Donald Trump seront en principe remis aux autorités pour un comptage.

L’info de la semaine

Donald Trump repart en campagne présidentielle. Une semaine après sa sortie de l’hôpital, le président américain renoue avec ses électeurs, et il veut prouver qu’il est en pleine forme. Lundi, il était attendu en Floride, berceau républicain, pour son tout premier meeting depuis sa contamination au coronavirus.

Sa volonté de reprendre sa campagne et ses activités en dépit de son hospitalisation s'explique par le calendrier. Trois semaines séparent Donald Trump de l’élection du 3 novembre. Distancé par son adversaire démocrate au niveau national, il est plus que nécessaire pour lui de rameuter les foules.

"Je l’ai eu. Maintenant, ils disent que je suis immunisé. Je me sens si puissant !", a dit le président devant une foule sans masques. "Je peux marcher dans cette foule […], embrasser tout le monde, embrasser les hommes et les magnifiques femmes", a-t-il ajouté.

Dans un discours d’un peu plus d’une heure, il déroule les "classiques" de sa campagne. Attaques contre Hillary Clinton, qu’il surnomme "la crapule", alerte contre la "gauche radicale" et le "cauchemar socialiste", critiques de la presse "corrompue", rabaissement de Joe Biden qu’il appelle "Sleepy Joe".

Dans l’État de la Floride, déterminant pour les élections, Donald Trump lance : "Il y a quatre ans, c’était pareil, ils disaient que nous allions perdre la Floride." "Dans 22 jours, nous allons gagner cet État et gagner quatre ans de plus à la Maison-Blanche !", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison-Blanche s’est rendu mardi en Pennsylvanie, et mercredi en Iowa. Il devrait poursuivre ce rythme soutenu jusqu’aux élections. En parallèle, Joe Biden n’a participé à aucun meeting depuis plusieurs mois. Pour lui, il est nécessaire de respecter les consignes sanitaires données par les autorités.

Le soutien inattendu de la semaine

Les célébrités ont aussi un rôle à jouer dans les élections présidentielles. Comme Justin Bieber, qui appelle ses fans à aller voter, ou encore la rappeuse Cardi B, qui se positionne ouvertement pour Joe Biden.

Mais certaines célébrités ne font pas dans la dentelle. C’est le cas de Tana Mongeau qui, le 30 septembre dernier, a proposé sur son compte Instagram (publication supprimée depuis) d’envoyer un "nude gratuit" à chaque personne qui lui enverrait "une preuve qu’elle a voté pour Biden".

Le post contenait un lien vers son compte OnlyFans, appelé "Tana Uncensored". Une semaine après, la jeune femme de 22 ans s’est réjouie que son mouvement #BootyForBiden ait rencontré tant de succès sur OnlyFans, à l’aide d’une photo d’elle en sous-vêtements, le visage de Joe Biden couvrant le sien.

"Mise à jour : #BootyForBiden a cassé Tana Uncensored. Génial de voir que tant de gens veulent que les choses changent. Vous n’avez pas besoin de mon cul pour savoir ce qui est bon pour les États-Unis, donc allez VOTER ! C’était une journée marrante, je vous aime."

Coup de publicité pour son compte OnlyFans ou démarche sincère ? Il faudra attendre le résultat des élections le 3 novembre prochain pour voir si les initiatives de toutes ces célébrités seront fructueuses.

Le tweet de la semaine

Décidément, le président américain ne se lasse pas de Twitter. Dans un photomontage qu’il a posté ce mercredi 13 octobre sur le réseau à l’oiseau bleu et également sur son compte Instagram, Donald Trump se moque ouvertement de l’âge de son adversaire Joe Biden.

On voit le candidat démocrate dans un fauteuil roulant, entouré d’autres personnes âgées. Le jeu de mots sur l’image associe l’ex vice-président d’Obama aux pensionnaires des maisons de retraite. Un montage de mauvais goût qui pourrait ne pas passer auprès de l’électorat âgé, pourtant si nécessaire au parti républicain.

En 2016, les plus de 65 ans ont permis à Donald Trump l’ascension à la Maison-Blanche, et en Floride, 57 % de séniors avaient voté pour lui. Joe Biden avait d’ailleurs lancé lors d’une allocution à Pembroke Pines (Floride) : "Le seul senior qui intéresse Donald Trump c’est le senior Donald Trump lui-même."

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