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Présidentielle américaine : ce qu'il ne fallait pas manquer à 10 jours des élections

Publié le

par Inès Roulaud

Alfredo Estrella – Christian Hartmann – Alex Edelman / AFP

La boulette de Trump, le tweet incendiaire de Biden et le soutien d'Obama... Voici le récap de la semaine.

Le chiffre de la semaine

Mardi 20 octobre, une association américaine de défense des droits humains a indiqué que les parents de quelque 545 enfants de migrants n’avaient pas pu être localisés. Ces familles ont été séparées aux États-Unis après avoir traversé la frontière illégalement. Ladite séparation avait été mise en place en 2018, conformément à la politique de "zéro tolérance" souhaitée par Donald Trump pour lutter contre l’immigration clandestine.

"Via notre action en justice, nous avons informé le tribunal que les parents de 545 enfants – séparés de force par la politique cruelle de séparation des familles mise en œuvre par l’administration Trump – sont toujours manquants", a indiqué l’American Civil Liberties Union (ACLU) sur son compte Twitter.

Ces parents introuvables ont probablement été expulsés, selon un document judiciaire publié par la chaîne CNN. Selon NBC News, les enfants aujourd’hui sans leurs parents ont été séparés en 2017, en application d’un programme pilote.

La polémique de la semaine

Donald Trump possède un compte bancaire en Chine. Un rapport a été dévoilé par le New York Times, dans lequel on apprend que le locataire de la Maison-Blanche aurait réalisé des affaires avec ce compte. Il aurait payé près de 188 561 dollars (environ 160 000 euros) d’impôts là-bas, entre 2013 et 2015.

Ce compte bancaire est contrôlé par la Trump International Hotels Management. Selon les investigations du quotidien américain, Trump aurait conclu plusieurs accords de licence commerciaux et même tenté un partenariat avec une société chinoise. Le compte serait "inactif" depuis 2015, comme l’a indiqué Alan Garten, avocat du groupe Trump au journal. "Aucun accord, transaction ou autre activité commerciale ne s’est concrétisé."

Un rapport délicat qui tombe deux semaines avant les élections présidentielles et qui relance le débat sur les relations sino-américaines, encore très tendues. Il y a encore une semaine, c’était le fils de Joe Biden qui était visé par le président sur ses supposés liens d’affinité avec Pékin. Ce dernier s’était d’ailleurs retiré du conseil d’administration d’une compagnie chinoise pour faire taire les accusations.

La boulette de la semaine

Lors d’un meeting de campagne dans l’État du Michigan, Donald Trump a d’abord évoqué l’ancien accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique qu’il avait renégocié. Il a ensuite donné son avis sur l’accord pour le climat de Paris dont les États-Unis s’étaient retirés peu après son élection en 2016. Au cours de cette allocution, Trump a rétrogradé le président de la République française au rang de Premier ministre.

"Vous savez ce que j’ai également arrêté ? L’accord sur l’environnement de Paris. J’aime beaucoup le Premier ministre Macron mais je lui ai demandé comment l’accord avançait, ils n’y arrivent pas vraiment. [...] Je vous ai fait économiser des millions de dollars, personne d’autre ne l’aurait fait. J’ai dit que c’était un désastre, ils voulaient grosso modo prendre notre richesse."

Peu après l’élection présidentielle qu’a remportée Emmanuel Macron, lui et son homologue américain ont noué une véritable relation. Relation qui, sensiblement, s’est dégradée au fil des années. Maladresse, lapsus ou pique de la part du président américain ? Une chose est sûre, c’est du Donald Trump tout craché.

Le soutien de la semaine

Barack Obama reprend du service dans la classe politique. L’ex-président des États-Unis aux deux mandats consécutifs a participé à un meeting en Pennsylvanie, potentiel lieu décisif des élections du 2 novembre.

Le but de son discours : entretenir un espoir de victoire du parti démocrate, rameuter les foules et déstabiliser Donald Trump. Obama s’est attaqué au locataire de la Maison-Blanche sur plusieurs points importants. Pour lui, il n’a jamais pris son poste de président au sérieux.

Il a également parlé des 750 dollars d’impôts fédéraux que Trump aurait payés l’année de son élection, les théories du complot, sa gestion de l’économie et de la crise sanitaire. En somme, Barack Obama, en posture de leader démocrate, appelle ses concitoyens à ne pas refaire les mêmes erreurs qu’en 2016 et tourner les sondages à leur avantage. Dans ce meeting sous forme de drive-in, il a affiché un soutien implacable à Joe Biden, son ancien vice-président.

"Notre démocratie ne pourra pas fonctionner si les personnes qui sont censées être nos dirigeants mentent quotidiennement et inventent des tas de choses, a-t-il poursuivi. Tweeter en regardant la télévision ne résout pas les problèmes. [...] Je vous demande de vous rappeler ce que ce pays peut être, je vous demande de croire en la capacité de Joe et de Kamala à sortir ce pays de ces temps sombres et à nous aider à le reconstruire en mieux."

"Ce que nous faisons ces treize prochains jours importera pour les décennies à venir. Le fait que nous n’obtenions pas 100 % de ce que nous voulons tout de suite n’est pas une bonne raison pour ne pas voter", a assuré Barack Obama. Avec plus de 221 000 morts du Covid-19, les États-Unis affichent le plus lourd bilan au monde.

Le tweet de la semaine

"220 000 morts.

Si vous n’entendez rien d’autre de ce que je dis ce soir, écoutez ceci : quiconque est responsable d’autant de morts ne devrait rester président des États-Unis."

Hier s’est tenu le dernier débat politique entre Donald Trump et Joe Biden pour la course à la Maison-Blanche avant les élections du 2 novembre 2020. La star de la soirée n’était autre que Kristen Welker, la modératrice et journaliste de NBC, qui s’est imposée comme métronome d’une efficacité hors pair.

Après le débat chaotique du premier face-à-face, la commission a décidé de couper les micros des candidats lorsqu’ils n’étaient pas invités à parler, une belle réussite. Au programme de ce dernier débat : pandémie, immigration, changement climatique, pétrole…

En ouverture du face-à-face, Biden étrille Trump sur sa gestion de la crise sanitaire, qui le disqualifie selon lui pour rester au pouvoir. Le président sortant demande à Biden de s’expliquer sur les allégations de corruption au sujet des activités de son fils Hunter en Chine et en Ukraine.

Le débat a également consacré une part importante à la diplomatie, incluant les relations entre Kim Jong-un et Donald Trump. Biden d’ailleurs dira : "C’est comme dire que nous avions une bonne relation avec Hitler avant qu’il n’envahisse l’Europe." Le démocrate a aussi attaqué le locataire de la Maison-Blanche sur sa politique "zéro tolérance" et les enfants des migrants.

Enfin, la question du pétrole a été mise sur la table. Biden a pris un risque en assurant qu’il se "détournerait progressivement de l’industrie pétrolière" s’il était élu. En face, en bon climatosceptique, Trump a assuré que les États-Unis n’avaient jamais eu un air et une eau aussi propres. En définitive, Trump avait besoin d’une victoire, Biden la lui a refusée.

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