Un ours polaire au Zoo d’Amnéville, le 4 juin 2010. © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

"On a tronçonné Olaf" : un zoo aurait démembré un ours après sa mort

La déchetterie a refusé de s'en occuper, et a prévenu les autorités.

Le 27 juillet 2018, l’ours Olaf est mort dans son sommeil. Le zoo d’Amnéville (Grand Est), dans lequel il résidait, a tenté d’envoyer sa dépouille à la déchetterie. N’y parvenant pas, il aurait démembré l’animal. C’est ce que révèle France Bleu Lorraine ce lundi.

"En pleine période de canicule, la direction du parc animalier de Moselle veut faire évacuer le cadavre rapidement et une société de transport de Rombas est appelée pour embarquer la dépouille", rapporte le média, qui poursuit : l’équarrisseur étant fermé, le cadavre est envoyé à la déchetterie, qui refuse de s’en occuper.

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L’entreprise en question a confirmé l’information auprès de la station de radio et fait savoir qu’elle avait signalé l’incident aux autorités. Ensuite, l’animal aurait donc été démembré. Un des salariés d’Amnéville a confié : "On a tronçonné Olaf."

Une autre a déclaré : "On tentait de faire des économies partout, y compris sur l’équarrissage." Pour l’heure, on ne sait pas où ont été emmenés les restes de l’animal.

Le zoo déjà dans la tourmente

Cinq jours plus tôt, France Bleu Lorraine avait déjà publié une enquête dans laquelle figuraient bien d’autres zones d’ombre concernant le zoo. Parmi elles, le fichage de ses employés. Dans un document Excel sont en effet listés des dizaines de noms à côté desquels figurent les mentions "problème en fin de contrat", "élément perturbateur au service restauration", "sympathisant association animaliste".

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Le directeur du zoo a nié auprès du journal local, déclarant : "C’est n’importe quoi, vous pouvez d’ailleurs regarder dans nos ordinateurs." Le média assure de son côté qu’un informaticien s’est rendu sur place pour "nettoyer" ces mêmes ordinateurs.

France Bleu relève également que le patron a attaqué son propre établissement en justice. Il rapporte :

"Officiellement, le zoo d’Amnéville est constitué en SCOP, en société coopérative et participative ; autrement dit, il est propriété des salariés. Des employés qui encombrent pourtant le conseil de prud’hommes de Metz.

Selon nos informations, 120 dossiers seraient traités actuellement par la justice… dont celui d’un certain Michel Louis ! Le patron a attaqué son propre zoo 'pour se protéger' en cas de liquidation."

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Cela ne s’arrête pas là, puisqu’elle révèle également que le zoo déverse ses eaux usées dans la forêt attenante. : "Les eaux usées des tapirs, des tamanoirs, des jaguars, des perroquets, des manchots partent dans la nature, avec parfois des produits détergents comme du chlore ou de l’acide chlorhydrique", a notamment confié un salarié.

"Moi, j’ai découpé l’éléphant, j’ai aussi enterré des bestioles dans la forêt"

France Bleu souligne que le zoo n’est pas suspecté de maltraitante animale : "Ne cherchez pas un salarié ou ex-salarié pour parler de maltraitance sur les 2 000 animaux", mais évoque toutefois des "pratiques douteuses". Parmi elles, déjà avant les révélations concernant l’ours Olaf, l’enterrement de nombreux animaux. Un proche du directeur a confié : "Moi, j’ai découpé l’éléphant, j’ai aussi enterré des bestioles dans la forêt. Un lion, un puma, un boa… On n’avait pas les moyens de payer l’équarrissage, alors on acceptait, pour la boîte."

Ces révélations sont "totalement fau[sses]", pour le directeur, qui a assuré : "On a toutes les factures d’équarrissage, on peut le prouver." Et concernant les autres accusations dont il fait l’objet, il a refusé de répondre, indiquant simplement : "Tout est bidon." Il s’agirait selon lui d’un complot "pour lui prendre le zoo".

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Le zoo a promis qu’il publierait prochainement un communiqué. Contacté par Konbini news, il n’a pour l’heure pas donné suite.

Par Astrid Van Laer, publié le 09/12/2019