ALESSANDRO SERRANO / AFP

Les migrants de l'Open Arms ont enfin débarqué à Lampedusa

Le ministre de l'Intérieur, qui interdisait au navire humanitaire d'accoster, a dû capituler devant la justice.

Un à un, les migrants bloqués à bord du navire humanitaire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms ont débarqué à Lampedusa, île italienne, dans la nuit du mardi 20 août sous les acclamations des militants et des secouristes venus les accueillir.

Cela faisait dix-neuf jours qu’ils attendaient ce moment. Car le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, interdisait à l’Open Arms d’accoster sur la petite île sicilienne, malgré l’accord européen de répartition des 134 passagers.

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Il aura fallu que le procureur d’Agrigente, Luigi Patronaggio, décide que la situation à bord obligeait à les débarquer. Une décision qui a provoqué des scènes de liesse sur le navire, comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessous.

Une enquête est ouverte pour "séquestration de personnes"

Le procureur d’Agrigente a également ordonné la saisie préventive de l’Open Arms dans le cadre d’une enquête ouverte contre X pour "séquestration de personnes, omission et refus d’actes officiels". Matteo Salvini, qui ne décolère pas, a affirmé sur Facebook que cette enquête le visait directement :

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"Si quelqu’un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d’être parvenu à convaincre l’Espagne d’envoyer un navire (pour récupérer les migrants) et maintenant d’œuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l’Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays."

Le ministre d’extrême droite fait ici référence à l’envoi, annoncé plus tôt le mardi 20 août, d’un navire militaire par le gouvernement espagnol pour récupérer les migrants et les conduire jusqu’au port de Palma de Majorque, aux Baléares. Madrid avait d’abord proposé à l’équipage de gagner lui-même le port espagnol le plus proche, mais ce dernier avait jugé qu’un tel voyage mettrait "en danger l’intégrité et la sécurité des passagers secourus".

"De quoi d’autre avons-nous besoin ? De morts ?"

Le fondateur d’Open Arms, Òscar Camps, avait dénoncé une situation "insoutenable" dès le dimanche 18 août. "Il y a des gens qui se jettent à l’eau, des bagarres, des violences, de la panique, décrivait-il sur Twitter. De quoi d’autre avons-nous besoin ? De morts ? Ceux qui ne sont pas morts dans la mer vont mourir ici, à bord de l’Open Arms ? C’est ça dont on a besoin ?"

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Par Camille Hamet, publié le 22/08/2019

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