JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Le glyphosate sera banni de Montréal avant 2020

"Peu importe la raison, aucune justification ne permettra son utilisation".

D’ici à la fin de l’année, le glyphosate sera totalement interdit et les Montréalais devront trouver un nouveau moyen pour lutter contre les mauvaises herbes.

Le glyphosate est la substance active de l’herbicide Roundup commercialisé par Monsanto et dont l’utilisation est très controversée depuis que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a qualifiée de "cancérogène probable pour l’homme". Plusieurs milliers de procédures sont en cours aux États-Unis. 

Publicité

Selon Laurence Lavigne-Lalonde, responsable de la transition écologique, d’Espace pour la vie et de l’agriculture urbaine au comité exécutif de la Ville de Montréal, il serait "irresponsable" de ne pas agir. Elle affirme que Peu importe la raison, aucune justification ne permettra son utilisation.

« Nous comprenons parfaitement la décision de la ville et nous allons dès maintenant cesser l’utilisation du glyphosate », a annoncé Anne Charpentier, directrice du Jardin botanique.

Après le Vietnam (en avril) et l’Autriche (en juillet), l’Allemagne a annoncé mercredi l’interdiction du glyphosate d’ici à la fin 2023. Montréal est donc la première ville outre-Atlantique à l’interdire sur son territoire. Comme le précise Radio-Canada, la vente du glyphosate ne pourra pas être interdite mais son utilisation le sera. 

Publicité

En France, le glyphosate est interdit dans les espaces publics depuis janvier 2017, chez les particuliers depuis janvier 2019 et une mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate avant le 1er juillet 2021 est en cours à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué de presse du 10 avril 2019, le gouvernement a confirmé son ambition de sortir du glyphosate pour une majorité d’usages d’ici à 2020.

Depuis la suspension médiatisée de l’arrêté municipal anti-pesticides de Daniel Cueff, maire de Langouët (Bretagne), de nombreux maires ont pris de nouveaux arrêtés. M. Cueff explique à l’AFP que "ce qui exaspère les maires, c’est que le gouvernement ne fait rien et qu’il empêche en plus les maires d’agir pour protéger les habitants". Une consultation publique réunissant tous les acteurs devrait être lancée début octobre dans les préfectures de l’Hexagone pour une durée de six semaines.

Le glyphosate devrait être banni de plusieurs pays de l’Union européenne même si l’autorisation européenne le concernant qui expire le 15 décembre 2022 venait à être prolongée.

Publicité

Par Lila Blumberg, publié le 06/09/2019

Copié

Pour vous :