L’Australie va déverser un million de tonnes de boue dans la Grande Barrière de Corail

Un tiers du récif a déjà disparu dans les trois dernières décennies.

© Getty Images

On apprenait la semaine dernière que l’Australie s’apprête à planter un milliard d’arbres pour lutter contre le dérèglement climatique. Pourtant, au même moment, The Independant révélait qu’un million de tonnes de boue va être déversé sur la Grande Barrière de Corail.

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Le port de Hay Point, dans la région de Queensland, va être en travaux d’expansion à partir de la fin du mois de mars et les déchets provoqués par ce dragage industriel vont donc être rejetés dans la Grande barrière. Le dragage désigne le fait de draguer le fond de la mer, d’un fleuve ou d’y prélever des objets ou des roches meubles au-dessous du niveau de l’eau. Cette action entraîne le rejet de tonnes de boue.

D’après l’Unesco, qui l’a classé dans son patrimoine mondial, le plus grand récif corallien du monde abrite 400 espèces de coraux, plus de 1 500 espèces de poissons, 4 000 espèces de mollusques et est "l’habitat de plusieurs espèces menacées d’extinction, telles que le dugong et la grande tortue verte". Pourtant, dans les trente dernières années, un tiers du récif a disparu et la boue pourrait avoir des effets très dommageables, celle-ci empêchant la photosynthèse nécessaire à la survie du corail.

Cela a été rendu possible par le permis accordé par l’Autorité du parc marin de la grande barrière de corail. Comme l’explique le quotidien britannique, cette autorisation a pu être donnée en raison d’un vide juridique : la loi interdit les déversements de boue mais ne s’applique pas au déversement des boues nées de travaux d’entretien du port.

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Larissa Waters, sénatrice des Verts en Australie, s’est indignée, expliquant que rejeter ces eaux dans ce récif revenait à le considérer comme une "déchetterie" et, dans une interview accordée au Guardian, a demandé qu’une législation soit mise en place pour protéger cette zone :

"La politique du gouvernement doit changer afin d’interdire tout déversement en mer, de sorte que [l’autorité du parc] ne soit pas autorisée à permettre aux eaux du récif d’être utilisées comme une alternative moins coûteuse au traitement des boues et à leur élimination en toute sécurité à terre."

Par Astrid Van Laer, publié le 25/02/2019

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