NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP

Urgence climatique : la jeunesse française entre en désobéissance civile

Aux quatre coins du monde, des jeunes se mobilisent pour l’écologie. En France, le mouvement commence à s’organiser.

À Louvain, le 7 février. (© Nicolas Maeterlinck/Belga/AFP)

La lutte contre le réchauffement climatique a pris un coup de jeune. Depuis plusieurs mois, et ce dans de nombreux pays, les lycéens et les étudiants ont pris les devants en organisant une fois par semaine des grèves scolaires. À l’origine de ce mouvement, on retrouve notamment la Suédoise Greta Thunberg, la première à avoir séché les cours pour dénoncer l’inaction climatique.

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Des milliers de jeunes ont réutilisé ce mode d’action et organisé des manifestations, au Canada, en Australie, en Suisse ou encore en Belgique, où ils ont même provoqué la démission de la ministre de l’Environnement. Dernièrement, nous avions fait le portrait de certaines adolescentes devenues porte-parole de ce mouvement mondial :

À Paris, désobéissance civile tous les vendredis

En France, les lycéens et les étudiants ont rejoint tardivement la mouvance. Une collégienne, que nous avions rencontrée, s’était mise en grève, dès le 11 janvier. Cependant, le mouvement n’avait pas pris. Ce n’est que depuis la semaine dernière que les choses semblent s’accélérer.

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Vendredi dernier, environ 300 étudiants parisiens se sont réunis dans un amphithéâtre de la fac de Jussieu. Martial Breton, contacté par Konbini News, y a participé. Cet étudiant de 23 ans contribue également à l’organisation de la mobilisation nationale, pour l’ONG CliMates dont il est le vice-président.

Les grèves hebdomadaires vont prendre une forme inédite à Paris. Chaque semaine, les lycéens et étudiants poseront un ultimatum au gouvernement pour défendre des mesures radicales, comme "l’interdiction de la production de plastique". Cette semaine, ils mettent au défi le gouvernement de "déclarer l’état d’urgence écologique et sociale, et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour respecter les accords de Paris". En l'absence de réponse, les jeunes se réuniront devant le ministère de la Transition écologique, le vendredi 15 février.

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L'opération se répétera toutes les semaines. Chaque ultimatum adressé au gouvernement, sera suivi tous les vendredis de rassemblements et d'actions de désobéissance civile. "Il y a aussi de l’ironie derrière. On sait que ce qu’on va demander ne s’applique pas en une semaine. Mais ça fait des dizaines d’années que tout le monde demande ces changements", explique le militant.

Concernant les revendications des jeunes, il insiste sur un point : "On n’est pas sur des pourcentages. Le message porté, c’est celui d’un changement global et systémique de la société." Lorsque l'on évoque avec lui le rapport de ce mouvement avec les gilets jaunes, il précise : "On ne fait pas la distinction entre l’écologie et le social […]. Par exemple, la taxe sur les carburants, c’était de l’écologie punitive."

Une grève mondiale le 15 mars

En France, la mobilisation ne se limite pas à Paris. Tous les jeunes Français sont ainsi invités par le mouvement Youth for climate à participer à une grève mondiale, qui aura lieu le 15 mars. Les organisateurs annoncent déjà des événements dans une quinzaine de villes françaises.

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L’appel de Youth for climate France sonne comme un ultimatum : les organisateurs donnent aux gouvernements jusqu’au 15 mars pour "présenter un plan à la hauteur des exigences du GIEC" (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Par abouviala, publié le 12/02/2019

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