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Jusqu'à 38 °C en Sibérie ce week-end, un record "absolu"

Publié le

par Astrid Van Laer

Sibérie, novembre 2018. © Mladen ANTONOV / AFP

D'après un météorologue américain, cette température était prévue dans pas moins de 80 ans.

Samedi 20 juin, la ville de Verkhoïansk, située au nord du cercle polaire, a enregistré des températures hallucinantes, qui ont grimpé jusqu’à 100,4 °F, soit… 38 °C. Un record pour la Sibérie, l’une des régions les plus froides au monde. L’enregistrement de cette température, qui doit être confirmé, a été relayé par la militante pour l’environnement Greta Thunberg et commenté par de nombreux météorologues de nationalités diverses.

En France, Étienne Kapikian, prévisionniste à Météo France, a déclaré : "Si cette valeur est correcte, ce serait non seulement un record absolu à la station (37,3 °C, 25/07/1988), mais aussi la température la plus élevée jamais observée au nord du cercle polaire arctique !"

Jeff Berardelli, météorologue sur la chaîne américaine CBS News a réagi, commentant : "Ce qu’il se passe en Sibérie cette année est tout simplement remarquable. Le genre de temps que nous attendions d’ici 2100, qui arrivent 80 ans plus tôt. Pour remettre cette donnée en perspective, Miami n’a atteint cette température qu’une seule fois."

"Incroyable et effrayant", s’est désolé de son côté son confrère Bob Henson.

 

"La Sibérie subit les effets du changement climatique encore plus vite que la moyenne sur Terre"

Les températures enregistrées dimanche semblent bien confirmer celles de la veille. En effet, comme le souligne le Washington Post, le 21 juin, la température enregistrée dans la ville de Sibérie était supérieure à 35 °C.
 
Une nouvelle qui alarme également l’ONU, qui a déclaré : "Les températures du mois de mai en Sibérie étaient jusqu’à 10 °C au-dessus de la moyenne à partir de laquelle le permafrost commence à fondre". Avant d’ajouter que "la Sibérie subit les effets du changement climatique encore plus vite que la moyenne sur Terre".
 
 
Ces températures anormalement élevées pourraient être dues en partie au réchauffement climatique. D’après Gaétan Heymes, météorologue à Météo France, "cette situation s’explique par la mise en place d’un dôme anticyclonique chaud en altitude, situation météo typique des canicules, visible sous forme de bulle rouge foncé tenace. Ce à quoi il faut ajouter l’influence du réchauffement climatique, amplifié en Arctique", a-t-il précisé.
 

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