(c) Santa Cruz Province Government / AFP

Incendies criminels en Amazonie : qui est derrière "le jour du feu" du 10 août ?

Des partisans de Jair Bolsonaro se seraient donnés rendez-vous ce jour-là pour mettre le feu à certaines parties de l'Amazonie.

De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer l’ampleur des flammes qui ravagent depuis plusieurs jours la forêt amazonienne. La sécheresse, le réchauffement climatique, la déforestation, l’agriculture intensive ou encore le défrichement au brûlis sont autant de scénarios possibles, voire concomitants.

Mais depuis plusieurs jours, on soupçonne également des départs de feux volontaires dans le nord du pays. Dimanche 25 août, Jair Bolsonaro a demandé l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les évènements qui se seraient déroulés le 10 août dernier dans l’État du Para.

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Le jour même, le site d’informations Globo Rural publiait une enquête mettant en cause un groupe d’environ 70 personnes composé de syndicalistes, d’agriculteurs ou encore de commerçants, tous partisans du président du Brésil.

Le but de la manœuvre aurait été de créer un écran de fumée, littéralement, en soutien aux efforts du président d’extrême droite pour affaiblir les gardiens de la protection environnementale.

Selon le site d’informations, les membres de ce groupe se sont cooptés sur WhatsApp. Ils se seraient ensuite donné rendez-vous le 10 août pour "le jour du feu" durant lequel il s’agissait d’incendier certaines zones de la forêt amazonienne.

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Une augmentation suspecte d’incendies dans la région

Afin de tromper la vigilance des gardiens de ces zones protégées, certains d’entre eux se seraient donc fait passer pour des membres de la Chico Mendes Institute for Biodiversity Conservation (ICMBio) – une organisation publique du ministère de l’Environnement brésilien qui gère les réserves écologiques du pays, rappelle Le Parisien.

Le 10 août, la ville de Novo Progresso aurait enregistré une augmentation de 300 % par rapport aux incendies de la veille, rappelle le quotidien parisien. Un peu plus au sud, à Altamira, les satellites auraient détecté 194 incendies le 10 août et 237 le jour suivant.

Selon le Guardian, plusieurs défenseurs de l’environnement ont tenté d’alerter le ministère de l’Environnement sur ce "jour du feu", dont un journal local avait d’ailleurs spécifiquement parlé le 5 août.

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Une autre enquête est en cours, en plus de celle diligentée par Jair Bolsonaro. Elles doivent déterminer qui est derrière ces incendies, et s’il y a eu du laisser-aller du côté des autorités. Il est intéressant de se rappeler qu’il y a quelques jours encore, le président brésilien accusait les ONG de défense de l’environnement d’être responsables de ces feux. "On a retiré l’argent aux ONG. Elles recevaient 40 % des subventions venant de l’étranger. Elles ne les ont plus", a-t-il déclaré. Et d’ajouter : "Le feu, apparemment, a pris dans des lieux stratégiques."

Une partie de l’Amazonie brûle encore ce mercredi 28 août, malgré l’intervention des militaires brésiliens. De son côté, le Brésil assure que la situation est "sous contrôle."

Par Clothilde Bru, publié le 28/08/2019

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