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Face à un violent feu sur la Côte d’Azur, des milliers de personnes évacuées

Publié le

par Pauline Ferrari

© Handout / Securite Civile / AFP

Des évacuations préventives ont été décidées dans le Var, alors que les pompiers combattent encore les flammes.

Des milliers de personnes, dont des touristes dans des campings, ont été évacuées préventivement dans le Var face à un violent feu de forêt combattu par des centaines de pompiers depuis lundi dans l’arrière-pays de Saint-Tropez. "Des milliers de personnes ont été évacuées à titre préventif, mais il n’y a aucune victime. Quelque 750 pompiers luttent contre ce feu qui est toujours très virulent", a précisé mardi matin à l’AFP une porte-parole des pompiers du Var, la commandante Delphine Vienco, alors que des milliers d’hectares ont déjà été parcourus par les flammes, sans que la surface brûlée puisse encore être évaluée.

"Le feu n’est toujours pas maîtrisé à l’heure actuelle", a ajouté un responsable de la communication des pompiers au poste de commandement installé sur la commune du Luc (Var). Les soldats du feu craignent que le sinistre ne se renforce dans la journée : en raison des températures élevées et du mistral : "Les flammes ont progressé à 4 km/heure alors qu’habituellement c’est 1 km par heure", selon les pompiers.

Les évacuations d’habitants et touristes ont eu lieu dans l’arrière-pays de Cavalaire et de Saint-Tropez, notamment autour des villages de Grimaud ou de La Môle, selon la commandante Vienco. Ces zones ne sont pas densément peuplées mais de nombreux touristes séjournaient dans des campings.

Dans son dernier point à 6 heures, la préfecture du Var a confirmé l’évacuation de six campings, sur les communes de Gassin, La Croix-Valmer et Grimaud, et demandé "de ne pas encombrer les routes autour du golfe de Saint-Tropez" pour laisser travailler les secours. Les personnes ont été mises à l’abri dans des salles municipales de la région, notamment à Bormes-les-Mimosas. Sur cette commune, environ 1 200 personnes sont accueillies dans des gymnases et collèges, selon la mairie.

Certains campeurs ont cependant passé une nuit difficile, après avoir préféré fuir face aux flammes, comme ces trois familles parties précipitamment lundi soir de leur camping de la Môle, dans l’arrière-pays de Cavalaire : "On a commencé par sentir la fumée, vers 19 heures, puis on a vu les flammes sur la colline. On hésitait, mais quand on a vu ça, on a décidé de partir", explique Cindy Thinesse, interrogée par l’AFP à Cogolin. "On a eu très peur", confirme son amie Céline Lopez : "On a pris le minimum, papiers, doudous, coussins, et on a fui. On est allés à l’inverse du feu et on a tenté de dormir dans notre voiture garée dans une ruelle de Saint-Aygulf, près de Saint-Raphaël. Là, on attend le feu vert pour regagner le camping et finir nos vacances", explique la vacancière venue de Strasbourg.

Une lutte difficile contre les flammes

Une longue ligne de fumée grise était nettement visible sur les reliefs des Maures. L’incendie avait parcouru au moins 3 500 hectares de forêt et de garrigue mardi matin, à travers le massif : "Il s’agit de la surface parcourue mais il est trop tôt pour estimer la surface brûlée", ont insisté les pompiers, alors que les largages d’eau par avions et hélicoptères ont repris, en plus des moyens au sol. "L’incendie est très vaste, c’est une lutte très difficile", a insisté la commandante Delphine Vienco auprès de l’AFP, en soulignant "les conditions défavorables, avec un vent fort et de fortes températures", même si l’alerte canicule a désormais été levée sur le Var et les Alpes-Maritimes.

Selon la dernière évaluation communiquée sur Twitter par les pompiers du Var, les flammes avaient parcouru 22 km depuis lundi. Les soldats du feu varois, aidés par des collègues des départements du Sud-Est, ont lutté toute la nuit : "Nous avons réussi à éviter dans la nuit que le feu touche la Garde-Freinet", un village à une vingtaine de kilomètres de Saint-Tropez, a expliqué le commandant Vienco. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est attendu sur le secteur dans la journée.

Au cœur de la réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures, là où l’incendie a débuté lundi vers 17 h 45, sur la commune de Gonfaron, des pompiers hagards tentent de récupérer après une nuit passée à lutter contre les flammes, ont constaté des journalistes de l’AFP. "La réserve naturelle de la plaine des Maures a été dévastée pour moitié. C’est une catastrophe, car c’est l’un des derniers spots abritant la tortue d’Hermann", a expliqué à l’AFP Concha Agero, directrice adjointe de l’Office français de la biodiversité, en espérant que ces animaux auront pu s’enfouir sous terre pour se protéger.

Si des fumerolles et une odeur âcre s’échappent de nombreuses parcelles de vigne dévorées par le feu, d’autres sont restées intactes : "C’est sans doute à cause de la vitesse du feu", explique à l’AFP Hubert Falco, maire de Toulon et président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée. Un peu plus loin, des chênes-lièges, végétation typique de cette région, exhibent leurs troncs brûlés, mais leurs branches semblent avoir été préservées. Le long d’une des routes départementales qui traverse le massif des Maures, des lignes électriques sont au sol, les poteaux calcinés.

Un ballet de Canadair

Si mardi matin "le feu est contenu, il n’est pas encore maîtrisé", a insisté auprès de l’AFP Dominique Lain, maire du Luc et président du Service départemental d’incendie et de secours du Var. Dans le ciel de Cogolin et de Grimaud, à quelques encablures des plages de Saint-Tropez et Ramatuelle, des Canadairs volent sans relâche. Une lourde armada a été mobilisée contre les flammes, avec sept Canadairs, trois avions Dash, mais aussi le Puma lourd de la sécurité civile, deux hélicoptères bombardiers d’eau du département et l’hélicoptère Dragon 83, selon la Préfecture du Var dans son dernier communiqué publié mardi.

Si de nombreux pays méditerranéens ont été touchés par de graves incendies cet été (la Grèce, l’Italie, l’Algérie, l’Espagne ou encore le Maroc), la France et notamment la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, habituellement très touchée l’été, avait été relativement épargnée jusqu’ici. Mais ce feu devrait être l’un des plus importants de la saison dans la région.

Le mistral arrivé sur la Provence lundi a nourri plusieurs autres feux à l’entrée du parc national des Calanques près de Marseille, et sur la presqu’île de Giens, dans le Var, mais ces incendies ont été maîtrisés. L’année dernière, un incendie avait ravagé 1 000 hectares à Martigues, à l’ouest de Marseille, dans une zone très touristique.

Konbini news avec AFP

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