12 avril 2020. © Volodymyr Shuvayev / AFP

Et pendant ce temps : l'incendie près de Tchernobyl est toujours en cours

Les autorités ukrainiennes tentent de rassurer la population, mais l'ONG Greenpeace alerte sur les risques sanitaires.

*Chaque jour, Konbini news s’engage à faire de la place à de l’information qui n’a rien à voir avec l’épidémie de coronavirus. Ça s’appelle "Et pendant ce temps" et aujourd’hui, notre regard se tourne vers Tchernobyl.

Les efforts des pompiers et la pluie ont permis de réduire le feu de forêt qui ravage la zone d’exclusion de Tchernobyl, ont assuré mardi les autorités ukrainiennes alors que le président Zelensky exprimait sa préoccupation.

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Entretenu par le vent et une sécheresse inhabituelle, l’incendie, qui n’a pas provoqué de hausse de radiation, s’est déclaré il y a une dizaine de jours dans ce territoire fortement contaminé, théâtre du pire accident nucléaire de l’Histoire en 1986. 

Critiqué ces derniers jours pour son inaction face au sinistre d’une ampleur inédite, le chef de l’État ukrainien a fini par annoncer tard lundi soir qu’il "suivait la situation de près" et promis de convoquer le chef du service d’État pour les Situations d’urgence.

"La société a le droit de savoir la vérité et d’être en sécurité", a-t-il souligné alors que des rumeurs sur une hausse de la radioactivité et sur des risques pesant sur la centrale circulaient sur les réseaux sociaux. Les autorités ont cessé depuis plusieurs jours de publier leurs estimations sur la taille de l’incendie.

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Selon l’ONG écologique Greenpeace, il s’agit du pire incendie jamais observé dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, qui forme un rayon de 30 kilomètres autour de l’ancienne centrale. S’appuyant sur des images satellites, Greenpeace affirme que le feu n’est qu’à "environ 1,5 kilomètre" de l’arche recouvrant le réacteur ayant explosé par accident en avril 1986.

Même son de cloche du côté de Selon Sergiy Zibtsev, le directeur du Centre régional de suivi des incendies en Europe de l’Est, basé à Kiev et lié à un programme des Nations Unies, pour qui le feu est "gigantesque" et "imprévisible"

Un jeune avait mis feu à de l’herbe "pour s’amuser"

Quant aux autorités, elles affirment que le feu n’a pas causé d’augmentation du taux de radioactivité. "Il n’y a plus de feu ouvert", a assuré pour sa part le service pour les Situations d’urgence dans un communiqué publié mardi matin, faisant état de "foyers isolés" de "feux couvants"

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Il va falloir encore "plusieurs jours" pour éteindre ces "feux couvants", a ajouté la présidence dans un communiqué à l’issue de la visioconférence entre le président et les membres de son gouvernement.

"Le taux de radiation à Kiev et dans sa région ne dépasse pas le niveau naturel", a encore ajouté le service des Situations d’urgence, selon lequel plus de 400 secouristes et pompiers, trois avions et trois hélicoptères sont déployés. Lundi, ces appareils ont déversé près de 540 tonnes d’eau, selon la même source.

La situation s’était dégradée lundi à cause des "rafales de vent", mais la pluie qui est enfin tombée sur la région "a aidé les pompiers", a ajouté la présidence. L’incendie a été provoqué, selon la police, par un jeune habitant vivant près de la zone de Tchernobyl, qui a dit avoir mis le feu à de l’herbe "pour s’amuser".

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Un réacteur de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986 contaminant, selon certaines estimations, jusqu’aux trois quarts de l’Europe. La zone, dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale accidentée, reste depuis largement à l’abandon. La centrale, qui était restée en activité, a fermé définitivement en 2000.

Konbini news avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 14/04/2020