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Et pendant ce temps : le président de la Fédération des chasseurs veut "agir sur le chat"

Publié le

par Astrid Van Laer

© Christopher Furlong/Getty Images

"Le piégeage du chat à plus de 300 m d'une habitation, ce serait une bonne chose", a déclaré Willy Schraen.

*Chaque jour, Konbini news s’engage à faire de la place à de l’information qui n’a rien à voir avec l’épidémie de coronavirus. Ça s’appelle "Et pendant ce temps" et aujourd’hui, notre regard se tourne vers une interview récemment donnée par le président de la Fédération nationale des chasseurs.

Piéger les chats à plus de 300 m des habitations : c’est l’idée du président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, qui a fait bondir de nombreux internautes. "On va devoir agir sur le chat", a-t-il assuré lors d’un live sur Chassons.com la semaine dernière.

Le rédacteur en chef du site, Baudouin de Saint-Léger, l’interrogeait au sujet de ce qu’il qualifie de "problématique du chat" : "Le premier animal qui nuit à la biodiversité, c’est le chat. Concrètement, est-ce que la chasse a un rôle à jouer par rapport à ça ?" Ce à quoi Willy Schraen a rétorqué :

"Qu’est-ce que tu veux que je réponde ? La loi a changé, le chat est devenu un animal de compagnie, il n’a pas encore un statut d’être humain mais on a fait quand même des premiers pas. Évidemment qu’il y a un problème avec les chats. Après, on a tous des animaux de compagnie. Moi c’est plutôt des chiens, il y en a qui ont des chats."

Celui qui considère que "le chat est en train de détruire la biodiversité" a poursuivi, déclarant :

"Le problème du chat, c’est que c’est un animal extrêmement chasseur, c’est vraiment dans ses gênes : le chat chasse tout le temps. […] Et on a trop de gens aujourd’hui dont le chat se promène partout.

C’est bien, il ramène une souris de temps en temps, parfois un rat, mais entre-temps il a ramené un petit lièvre, trois petits perdreaux, une petite poule d’eau : ça n’arrête pas, ça n’arrête jamais et ça, c’est le problème du chat et les gens qui ont des chats le savent très bien."

"On nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs"

Et le président de la Fédération nationale des chasseurs d’ajouter ensuite :

"Bon, donc on a un vrai problème. Est-ce que c’est la fonction des chasseurs ? [Après on va dire :] 'Schraen il veut tuer les cormorans, Schraen il veut tuer les loups, Schraen il veut tuer les chats. Schraen il veut rien du tout, Schraen il veut que la ruralité et la biodiversité se portent bien et aujourd’hui dans cet équilibre, on a un 'problème chat'."

Et pour régler son "problème chat", il envisage donc de les piéger : "Un chat qui est à 300 mètres d’une maison, on peut considérer que ce n’est plus un chat domestique, c’est autre chose. Il y avait des piégeurs et d’autres choses comme ça [avant]", a-t-il expliqué.

"Le piégeage du chat à plus de 300 m d’une habitation, ce serait une bonne chose", a-t-il conclu, ajoutant :

"Mais je ne le sens pas. On le voit bien. On est attaqués de toute part, on nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs, on nous reproche plein de choses, alors maintenant, si on piège les chats, je ne vous dis pas à quoi ça va ressembler."

L’importance de la stérilisation

"On marche sur la tête", a réagi l’association 30 millions d’amis en apprenant la proposition de Willy Schraen. Celle-ci aura au moins le mérite d’alerter sur l’importance de stériliser ses chats domestiques afin que ceux-ci ne se reproduisent pas démesurément et finissent abandonnés.

Interrogé par Konbini news il y a quelque temps, Gregory Quantin, de la SPA, nous expliquait pourquoi il plaidait pour cette démarche : "Si deux chats se rencontrent dans la rue, quatre ans plus tard, il peut y avoir 20 000 descendants à ces deux chats."

Et il est vrai que les chats tuent de nombreux oiseaux. En France, d’après la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), le nombre d’oiseaux tués par des chats s’élèverait à pas moins de 75 millions chaque année. La LPO, qui se dit "consciente de la nécessité de limiter l’impact des chats sur la petite faune sauvage, tout en respectant le bien-être des chats", considère "que la cohabitation des chats de compagnie et de la faune du jardin peut être sensiblement améliorée avec des mesures simples : aucune solution ne supprimera totalement la prédation des chats, mais le cumul des moyens de prévention est nécessaire pour leur niveau".

Sur son site, elle propose donc plusieurs solutions "respectueuses du bien-être du chat" à l’attention des propriétaires de félins. Parmi elle : l’aménagement de son jardin ou le fait d’éviter de le laisser sortir au petit matin et à la tombée de la nuit. Et bien sûr : la stérilisation.

À ce sujet, la SPA propose que la charge revienne comme une obligation aux municipalités de pucer et stériliser les chats. Elle expliquait : "Les politiques et les municipalités doivent prendre à bras-le-corps ce sujet : ils peuvent intervenir sur les chats, les pucer et les stériliser. Après, ils appartiennent à la municipalité qui doit s’occuper de les nourrir", arguant : "C’est un coût modeste par rapport au fait de s’occuper des problématiques que ça peut causer s’il y a beaucoup trop de chats libres."

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