This handout picture released on March 12, 2019 and taken on March 11 by the French Marine Nationale shows flames on the Italian merchant ship Grande America off the coasts of the French Brittany. – The crew of the Royal Navy grigate HMS Argyll has saved all 27 members aboard the Italian cargo ship after its containers and cars caught fire off the coast of France. The ship’s crew were unable to fight the flames and were abandoning the ship. (Photo by LOIC BERNARDIN / MARINE NATIONALE / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO /LOIC BERNARDIN/ MARINE NATIONALE » – NO MARKETING – NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS – NO ARCHIVES

Des milliers de tonnes de fioul se dirigent vers les côtes françaises

À bord du Grande America se trouvaient 45 containers de "matières considérées comme dangereuses" et 2 200 tonnes de fioul.

Le navire Grande America, le 12 mars 2019. (© Loïc Bernardin/Marine nationale/AFP)

La peur de voir des tonnes d’hydrocarbures et de déchets dangereux arriver sur les plages françaises agite les autorités, ainsi que les associations et militants écologistes, depuis le naufrage du Grande America. Le 10 mars au soir, un incendie s’est déclaré à bord de ce navire italien devant relier Hambourg à Casablanca, le faisant sombrer deux jours plus tard à un peu plus de 330 kilomètres des côtes françaises.

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Toutes les personnes à bord ont été évacuées saines et sauves, mais un nouveau problème, d’ordre environnemental, se dirige désormais tout droit vers le littoral de l’Hexagone, et la crainte d’une marée noire grandit au fil des heures.

À bord du Grande America se trouvaient 2 200 tonnes de fioul lourd, 2 000 véhicules ainsi que 365 containers, dont 45 contenant des "matières considérées comme dangereuses". La préfecture maritime de l’Atlantique a fait savoir qu’une "nappe d’hydrocarbures s’étend actuellement sur une dizaine de kilomètres de long pour un kilomètre de large".

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a pour sa part salué "l’action des civils et militaires mobilisés sous l’autorité du préfet maritime et la coopération des marines britannique et française pour sauver l’équipage", ajoutant "nous allons maintenant mener la lutte antipollution".

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Invité sur Public Sénat, il a également expliqué : "Nous sommes face à une pollution aux hydrocarbures qui viendra tôt ou tard toucher nos côtes […] Nous estimons que cela pourrait arriver dimanche ou lundi."

"Une information précise est indispensable pour juger de la dangerosité des déchets"

Le préfet maritime de l’Atlantique, Jean-Louis Lozier, qui qualifie l’événement de "crise majeure", a annoncé avoir signé une mise en demeure de l’armateur Grimaldi, propriétaire du navire, "lui demandant de mettre fin au danger pour la navigation et l’environnement marin représenté par les containers et autres éléments à la dérive et de traiter les éventuelles pollutions maritimes". Puis il a poursuivi :

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"Cette mise en demeure l’oblige aussi à me présenter un plan d’action visant à assurer dans un premier temps une investigation de l’épave pour définir précisément la nature des dommages subis et son état et dans un second temps, les modalités éventuelles de traitement de l’épave envisagées pour prévenir les risques pour l’environnement marin."

De son côté, le maire de La Rochelle Jean-François Fountaine a déclaré que sa ville, vers laquelle les hydrocarbures semblent se diriger, était "vigilante et se prépare à mettre en place des mesures pour protéger son littoral en cas de nécessité". Un navire spécialisé dans la lutte antipollution, le BSAA (Bâtiment de soutien et d’assistance affrété) Argonaute, était attendu sur place ce matin.

Dans un communiqué, le groupe Grimaldi a assuré qu’il s’employait "à présent, conformément aux directives des autorités françaises, à prévenir tout dommage potentiel au milieu marin résultant du naufrage du navire".

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L’association Robin des bois pour la protection de l’homme et de l’environnement, exige désormais que la préfecture obtienne de Grimaldi "la liste complète des marchandises et matières dangereuses embarquées à bord du navire", arguant : "une information précise est indispensable pour juger de la dangerosité des déchets qui vont progressivement s’échapper de l’épave".

L’ONG dédiée à la lutte pour la protection des océans Sea Shepherd a indiqué "réfléchir aux actions qu’elle pourrait mettre en place". L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage s’interroge pour sa part : "Pourquoi le transport probable de déchets non répertoriés et pourquoi l’absence de contrôles suffisants?"

Par Astrid Van Laer, publié le 14/03/2019

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