Débats sur le climat : le Syndicat général des lycéens rejette l’offre de Blanquer

"Les vrais débats se jouent au quotidien dans les cours de récréation."

Manifestation lycéenne à Paris, le 15 février 2019. (© Julie Baret/Konbini)

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé ce lundi que des débats sur l’environnement seraient organisés "dans tous les lycées de France" le vendredi 15 mars. Cette date coïncide avec le jour de la grève mondiale des élèves pour le climat, en réponse à l’appel de la jeune militante suédoise Greta Thunberg.

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Figure de proue du mouvement Fridays for Future, cette dernière appelle depuis décembre dernier les lycéens du monde entier à délaisser les cours pour protester contre l’inertie des dirigeants face au réchauffement climatique.

Interrogé au micro de LCI, le ministre a estimé que son rôle n’était pas d’inciter les élèves à participer à cette grève mais plutôt de "travailler à des propositions concrètes", considérant que débattre d’environnement dans les lycées "va encore plus loin que d’aller dans la rue".

Il a annoncé travailler main dans la main avec les recteurs sur "des choses concrètes que l’on peut proposer pour que les lycéens eux-mêmes s’engagent". Il espère ainsi "une participation très forte des lycéens à cet enjeu environnemental dans cette ambiance de grand débat dans laquelle nous sommes".

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Une "récupération politique" selon les syndicats lycéens

La proposition de Jean-Michel Blanquer a été accueillie avec beaucoup de scepticisme chez les syndicats lycéens, qui estiment qu’elle serait une perte de temps pour les lycéens puisque "les vrais débats se jouent au quotidien dans les cours de récréation". Ils estiment que c’est de la récupération politique de la part du gouvernement.

"C’est une proposition vaine car nos revendications, les politiques les connaissent", affirme Nabil Hedar, porte-parole du Syndicat général des lycéens (SGL). Selon lui, le débat avec le gouvernement est impossible car il n’y a aucun changement de cap politique : "Nous faisons face à un gouvernement qui n’agit pas."

Le SGL va donc lancer un appel aux élus lycéens afin de faire front commun et ne pas organiser ces débats qui ont pour vocation "d’éviter que les jeunes descendent dans la rue". "Il y a urgence, nous n’avons plus le temps de débattre", a conclu Nabil Hedar.

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Par Manon Marcillat, publié le 11/03/2019

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