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Crise des visons au Danemark : le ministre de l'Agriculture démissionne

Publié le

par Clothilde Bru

© Morten Stricker / Ritzau Scanpix / AFP

L’ordre d'abattre 17 millions de visons était illégal et scientifiquement douteux.

Critiqué pour sa gestion de la crise engendrée par la découverte d’une mutation du nouveau coronavirus chez les visons, le ministre danois de l’Agriculture a annoncé mercredi 18 novembre sa démission, reconnaissant des "erreurs". Mogens Jensen avait notamment dû reconnaître la semaine dernière que l’ordre du gouvernement d’abattre tous les visons au Danemark n’avait pas de base légale.

"J’estime ne plus avoir l’appui nécessaire auprès des partis présents au Parlement, a-t-il dit à la télévision publique DR. Je dois présenter ma démission." "Il est tout à fait clair que des erreurs ont été commises au sein de mon ministère, et j’en assume la responsabilité", a-t-il ajouté alors qu’est publié un audit sur le déroulement des faits.

Le 4 novembre, le Danemark avait ordonné l’élimination de tous ses visons – soit entre 15 et 17 millions de têtes – à la suite de la découverte d’une mutation du nouveau coronavirus transmissible à l’homme chez ces mammifères, qui pourrait selon Copenhague compromettre l’efficacité d’un futur vaccin humain.

Rétropédalage

Mais certains éleveurs ont protesté contre l’abattage de bêtes en bonne santé et la presse a révélé que la législation ne permettait pas d’imposer l’abattage d’animaux en dehors des zones de concentration de bêtes malades, ce que le gouvernement a reconnu.

Pour rectifier le tir, il a alors présenté un projet de loi visant à interdire les élevages de visons jusqu’en 2022, mais ses tâtonnements et excuses n’ont pas convaincu, au sein même des soutiens de gauche du gouvernement minoritaire social-démocrate.

Pour le chef de l’opposition libérale, Jakob Ellemann-Jensen, "ce n’est que le début". "Le déroulement des faits doit être examiné à fond pour déterminer la responsabilité de la Première ministre", a-t-il dit à l’agence locale Ritzau.

D’un point de vue scientifique, rien n’indique que le futur vaccin sera inefficace contre de nouvelles versions du coronavirus dues à une mutation, précise Courrier international, qui cite Francois Balloux, professeur de génétique à l’université de Londres ayant travaillé sur les nombreuses variations du coronavirus chez le vison.

Konbini news avec AFP

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