Adelie penguins walk on the ice at Cape Denison in Antarctica, in this December 12, 2009 file photo. Seeds and plants accidentally brought to the pristine frozen continent of Antarctica by tourists and scientists may introduce alien plant species which could threaten the survival of native plants in the finely balanced ecosystem, especially as climate change warms the ice continent, said a report in the Proceedings of the National Academy of Sciences Journal published on March 6, 2012. To match story ENVIRONMENT-ANTARCTIC/SEEDS REUTERS/Pauline Askin/Files (ANTARCTICA – Tags: ENVIRONMENT ANIMALS)

La création de la plus grande réserve marine en discussion

C’est le projet qui est en ce moment sur la table en Tasmanie : 1,8 million de km² d'océan protégé.

©REUTERS/Pauline Askin

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Hobart, Tasmanie. Depuis lundi 22 octobre et jusqu’au 2 novembre prochain, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines en Antarctique (CCAMLR) planche sur un projet de réserve marine dans la mer de Weddell, une zone de 2,8 millions de km² dans l’océan Austral, à l’ouest de la péninsule Antarctique.

Une expédition de Greenpeace à l’initiative du projet

En janvier dernier, à bord de son navire brise-glace Arctic Sunrise, l’association environnementaliste internationale a entamé une nouvelle mission en Antarctique avec pour objectif de faire de la mer de Weddell une AMP (Aire maritime protégée). Pour la première fois, des hommes à bord d’un petit sous-marin deux places ont exploré cette zone du plancher océanique en Antarctique. Les images ramenées témoignent de l’exceptionnelle diversité de la faune dans cet environnement hostile qui constitue pourtant un écosystème fragile.

Images à l’appui, une proposition de réserve marine protégée en mer de Weddell a donc été soumise à la CCAMLR, qui compte 24 pays membres plus l’Union européenne, et soutenue par le gouvernement allemand.

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L’Antarctique, un continent "consacré à la paix et à la science"

Ce projet s’inscrit dans la continuité du protocole de Madrid signé en 1991 et qui a scellé l’accord selon lequel la communauté internationale se doit de préserver au mieux le continent Antarctique, décrété "réserve consacrée à la paix et à la science".

Le projet de créer un réseau d’AMP dans l’océan Antarctique n’est donc pas nouveau et remonte même à 2009. En 2016, un consensus quant à la création d’un sanctuaire marin en mer de Ross, qui se situe dans l’océan Austral à l’est de l’Antarctique, avait été trouvé. Mais en 2017, les différents pays réunis au sommet d’Hobart avaient retoqué le projet de création d’une réserve marine de l’autre côté de l’Antarctique, porté par la France et l’Australie.

La mer de Weddell, prochaine plus grande réserve marine au monde ?

Si ce sanctuaire marin est créé, il s’étendrait sur 1,8 million de km², soit trois fois la taille de la France, ce qui l’érigerait au rang de plus grande réserve marine au monde, bien que recouverte de glace presque toute l’année.

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L’océan Antarctique, qui représente 15 % de la surface des océans, abrite une diversité d’écosystèmes exceptionnellement riche, à la fois sur et sous la glace. On estime à 10 000 le nombre d’espèces à y vivre, dont douze espèces de baleines et six de phoques mais également du krill, de petites crevettes qui vivent en eaux très froides et qui sont à la base de la chaîne alimentaire marine.

Cet écosystème est encore préservé des activités humaines, néanmoins il est menacé par le développement de la pêche et de la navigation. Les réserves marines, qui sont l’équivalent en mer des parcs nationaux, permettent de protéger tout un écosystème de l’exploitation humaine. En mer, cela signifie donc d’interdire la pêche et toute forme d’extraction ou de dégradation. Mais des pays comme la Norvège, dont l’économie repose en majeure partie sur la pêche, sont peu favorables à la création de cette réserve dont l’objectif est d’aboutir, à terme, à l’édification d’une ceinture d’aires marines protégées pour encercler l’Antarctique.

Réponse le 2 novembre prochain.

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Par Manon Marcillat, publié le 25/10/2018

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