Il va falloir arrêter le gaspillage et la viande si on veut pouvoir manger en 2050

Et selon une étude du World Resources Institute, il faut commencer tout de suite.

(© Photo by Richard Levine/Corbis via Getty Images)

Pour relever le défi qui est d’arriver à nourrir 10 milliards de personnes en 2050, il faudra lutter contre le gaspillage alimentaire, réduire la consommation de viande, gagner en productivité agricole tout en produisant moins de gaz à effet de serre.

C’est du moins ce qu’assure une étude du think tank américain World Resources Institute (WRI), réalisée en partenariat avec la Banque mondiale, l’ONU, et deux instituts de recherche français, le Cirad et l’Inra.

Les conclusions de ce rapport, paru mercredi 5 décembre, sont formelles : il n’y aura pas de remède miracle pour continuer à nourrir l’ensemble de la population mondiale dans 30 ans sans aggraver la pauvreté ni les ravages sur l’environnement.

Et de préconiser d’amorcer dès maintenant des changements majeurs de notre système alimentaire. Selon WRI, la demande alimentaire devrait augmenter de plus de 50 % en 2050 tandis que la demande d’aliments d’origine animale (viande, produits laitiers et œufs) devrait augmenter de près de 70 %.

Or aujourd’hui des centaines de millions de personnes souffrent déjà de la faim, l’agriculture exploite environ la moitié des terres végétalisées du monde et génère un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

Pour faire face, les auteurs du rapport proposent un catalogue d’actions, qui, menées simultanément permettraient selon eux de nourrir tout le monde de manière durable.

L’étude recommande d’augmenter la production de poisson

En premier lieu, réduire la demande en limitant les pertes et les déchets alimentaires, mais aussi en consommant moins de viande de ruminants, et en utilisant les cultures pour l’alimentation humaine et animale, et non pour les biocarburants.

Parallèlement, la productivité des cultures et du bétail devra atteindre des niveaux supérieurs aux niveaux historiques, mais en utilisant la même superficie, car il faut aussi stopper la déforestation, et restaurer les tourbières et les terres dégradées.

WRI préconise également d’augmenter la production de poissons en améliorant l’aquaculture et en gérant mieux la pêche sauvage. Enfin, il sera nécessaire selon le think tank d’utiliser au mieux les nouvelles technologies et méthodes agricoles innovantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’agriculture.

En 2010, l’agriculture et le changement d’affectation des terres ont représenté environ 25 % des émissions mondiales (12 gigatonnes de CO2 par an), rappelle WRI, qui estime que le monde peut réduire les émissions de l’agriculture de deux tiers soit à 4 Gt de CO2 d’ici 2050 en suivant ses recommandations.

Konbini news avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 05/12/2018