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Climat : une vingtaine d’activistes de Greenpeace France occupent l’esplanade du Louvre

Publié le

par Pauline Ferrari

© Joseph Melin / Greenpeace

Avec un faux derrick de 8 mètres de haut crachant une fumée noire pour dénoncer le partenariat du musée avec Total.

"Climat : Total criminel, le Louvre complice", peut-on lire sur la banderole géante déployée sur le célèbre musée parisien. Ce matin, une vingtaine d’activistes de l’ONG écologiste Greenpeace ont investi l’esplanade du musée du Louvre pour dénoncer le partenariat entre le musée du Louvre et la multinationale TotalEnergies. En début de semaine, Greenpeace a lancé une initiative citoyenne au niveau européen pour mettre fin aux publicités, partenariats et mécénats pour toutes les entreprises vendant des biens et services fossiles.

Plusieurs activistes se trouvent devant la pyramide du Louvre avec des banderoles "Faisons une loi pour un monde sans pétrole" ou encore "Ban fossil fuel propaganda". Ils ont érigé un faux derrick de 8 mètres de haut crachant une fumée noire non toxique pour symboliser l’implantation de la multinationale pétrolière et gazière au sein du musée. Plus loin, dix activistes ont déployé sur le bâtiment du Louvre une bannière "Climat : Total criminel, le Louvre complice".

"Nous sommes ici aujourd’hui car les partenariats avec les entreprises responsables du changement climatique, comme Total, ne sont plus acceptables. Les publicités teintées de vert, le sponsoring sportif et le mécénat culturel sont un écran de fumée dressé par les entreprises fossiles", a déclaré Edina Ifticène, chargée de campagne pétrole à Greenpeace France.

L’ONG a rappelé les activités pétrolières et l’investissement dans le gaz de Total, en pointant leur impact climatique. "Les institutions culturelles telles que le Louvre ont un devoir d’exemplarité vis-à-vis de la société. Comment peuvent-elles rester silencieuses ?", a-t-elle ajouté.

Un mouvement européen contre la "propagande" de l’industrie fossile

Dans le viseur de Greenpeace, le mécénat de Total dans les institutions culturelles, dont le Louvre. L’ONG affirme avoir écrit dans l’été à la nouvelle présidente-directrice du musée du Louvre, Laurence des Cars, afin de lui "rappeler sa responsabilité dans l’acceptabilité sociale de TotalEnergies", explique Greenpeace dans un communiqué de presse. La Fondation Total est l’un des principaux mécènes de la Petite Galerie du Louvre, et son logo est présent à l’intérieur du musée. "Il est temps que le musée sorte de son mutisme et y renonce publiquement", insiste l’ONG.

Depuis lundi, d’autres activistes des différentes branches européennes de Greenpeace se sont illustrés dans des actions visant à dénoncer les publicités, partenariats et mécénats de toute entreprise vendant des biens et services fossiles. Des activistes de Greenpeace Pays-Bas ont ainsi bloqué l’entrée de la raffinerie de Shell à Rotterdam en début de semaine. L’ONG affirme que la fin de cette "propagande pour les entreprises fossiles" est possible au niveau européen : "L’Union européenne l’a déjà fait. C’était en 2003, avec l’industrie du tabac", souligne-t-elle.

Plusieurs institutions culturelles telles que le Royal Shakespeare Theatre et le Tate museum au Royaume-Uni ou le musée Van Gogh aux Pays-Bas ont déjà cessé leurs partenariats avec des entreprises productrices d’énergies fossiles. Greenpeace et les autres associations écologistes se donnent un an pour réunir un million de signatures à travers l’Union européenne et ainsi obliger la Commission européenne à se saisir du dossier.

En France, Total finance plusieurs institutions culturelles et musées, comme le musée du quai Branly, l’Institut du monde arabe ou encore le centre Pompidou. "Le musée du Louvre va-t-il enfin s’emparer de l’enjeu climatique, préoccupation majeure de notre siècle, plutôt que de continuer à cautionner l’industrie fossile ?", questionne Greenpeace.

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