BERTRAND GUAY / AFP

Biarritz : un G7 potentiellement explosif d'après les services de renseignement intérieur

Entre nationalistes basques et gilets jaunes, le sommet, qui se déroule du 24 au 26 août, s'annonce particulièrement mouvementé.

Comme le rapporte France Inter, au printemps dernier déjà, un haut-responsable de l’un des services de renseignement intérieur français s’inquiétait du choix de Biarritz pour organiser un G7. Les notes se sont multipliées sur les mouvances nationalistes basques et les gilets jaunes susceptibles de grossir les rangs des organisations européennes d’extrême gauche. Mais les dés étaient jetés, et le sommet, qui s’ouvre ce samedi 24 août, s’annonce particulièrement mouvementé. 

En témoigne l’arrestation, dans différentes régions de France, de cinq personnes qui projetaient de "cramer l’hôtel" dans lequel les forces de l’ordre sont logés pendant le G7. Repérées sur les réseaux sociaux, toutes sont connues des services de renseignement pour appartenir à la mouvance anarcho-autonome. Un ressortissant allemand connu pour "une action violente lors d’un sommet du G20" a par ailleurs été interpellé à Saint-Jean-de-Luz et expulsé vers son pays.

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"Du pain béni pour d’éventuels black blocs"

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Le choix du moment aussi est "catastrophique" pour les services de renseignement, d’après un autre gradé interrogé par Mediapart "On se retrouve à Biarritz, qui est une cuvette, avec, en plus de la ville, la mer à surveiller et ce, en pleines vacances, avec une affluence de touristes. C’est du pain béni pour d’éventuels black blocs…" Les autorités ont donc déployé un important dispositif de sécurité et divisé la ville en trois zones.

 

 

13 200 policiers et gendarmes sont mobilisés, dont 44 compagnies de CRS et 48 escadrons de gendarmerie mobile. De nombreuses unités spécialisées, comme le RAID, le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) ou la Garde républicaine, sont elles aussi mises à contribution. Aux abords du sommet, la circulation est restreinte aux résidents et ayants droit munis de badge, tandis que plusieurs gares et l’aéroport sont fermés. 

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300 gardes à vue par jour 

À une dizaine de kilomètres au nord de Biarritz, les avocats de Bayonne se préparent à faire face à un potentiel afflux de 300 gardes à vue par jour. "Jusqu’au 1er septembre, on aura (une) permanence spécial G7 24 heures sur 24", explique en effet le bâtonnier Teddy Vermote à l’AFP. "Évidemment la tentation de l’État c’est de mettre une sorte de chapeau sur tout ce qui va se passer. Mais effectivement on sera là pour faire en sorte que les libertés individuelles soient respectées, en tout cas au minimum."

 

 

Et à une trentaine de kilomètres au sud de Biarritz, à cheval sur la frontière franco-espagnole, entre Hendaye et Irun, s’est tenu, du mercredi 21 au vendredi 23 août, le "contre-sommet" des anticapitalistes, défenseurs de la planète, altermondialistes et autres opposants du G7. Ces derniers ont notamment préparé la manifestation de ce samedi 24 août. Mais ils ne participeront pas à la "surenchère", promettait la représentante d’ATTAC Aurélie Trouvé avant le "contre-sommet" : 

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"Nous n’entrerons pas en confrontation avec les forces de l’ordre, et s’il y a des violences répressives, nous opposerons des techniques de résistance non-violentes."

Par Camille Hamet, publié le 23/08/2019

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