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Australie : rejet des objectifs en matière de lutte contre le changement climatique

Publié le

par Lila Blumberg

© Lea Scaddan via Getty Images

Selon le Premier ministre, "l’Australie fait sa part".

Le Premier ministre conservateur australien a rejeté mardi les appels à fixer des objectifs plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique, au lendemain d’un rapport alarmant de l’ONU, estimant suffisante la politique menée par son pays.

Un pays pionnier dans l’exportation de combustibles fossiles

Quelques heures après la publication du rapport des experts climat de l’ONU (GIEC), qui mettent en garde contre un réchauffement pire et plus rapide que prévu, le Premier ministre Scott Morrison a averti qu’il ne souhaitait pas fixer d’objectifs en matière de neutralité carbone.

"L’Australie fait sa part", a estimé M. Morrison. "En l’absence de projets, je ne signerai pas un chèque en blanc au nom des Australiens afin d’atteindre ces objectifs", a-t-il mis en garde.

L’Australie, l’un des plus grands exportateurs de combustibles fossiles au monde, est en première ligne de la crise climatique mondiale. Les récents incendies, la sécheresse et les cyclones d’une rare intensité qui ont frappé le pays sont, selon des scientifiques, aggravés par le changement climatique.

Minimisation du changement climatique ?

À quelques mois d’un sommet international sur le climat, Scott Morrison a rejeté les appels – y compris de la part d’alliés comme les États-Unis – à adopter un objectif officiel de réduction ou de compensation des émissions de carbone.

L’Australie a laissé entendre qu’elle atteindrait des émissions de carbone nulles "dès que possible", de préférence d’ici à 2050, mais n’a pris aucun engagement en ce sens. Le chef du gouvernement semble vouloir détourner l’attention vers les pays en développement et les nouvelles technologies qui, à ses yeux, sont la solution à la crise. "Nous devons adopter une approche différente. Nous devons nous concentrer sur les avancées technologiques nécessaires pour changer le monde et notre mode de fonctionnement", a déclaré M. Morrison.

De nombreux responsables politiques de la coalition conservatrice du Premier ministre entretiennent des liens étroits avec l’industrie minière et nient l’existence du changement climatique ou cherchent à en minimiser les risques. Le parti libéral du Premier ministre, ainsi que le parti travailliste, dans l’opposition, sont tous deux favorables à la poursuite de l’exploitation des mines de charbon.

Konbini news avec AFP

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