© DAMIEN MEYER / AFP

5 grandes villes, dont Paris, veulent interdire les pesticides

L'objectif : "faire changer la loi" et "faire plier le gouvernement".

Jeudi, cinq grandes villes, Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand, ont annoncé qu’elles comptaient mettre en place l’interdiction de l’utilisation des pesticides sur leurs territoires.

Cette décision a été prise dans l’espoir de "faire changer la loi", en pleine polémique sur les distances minimales entre habitations et zones d’épandage. Dans un communiqué conjoint, les cinq municipalités ont expliqué :

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"Il s’agit pour nous d’engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens."

Et d'ajouter, apportant alors leur soutien aux maires ayant pris des arrêtés antipesticides contre lesquels les préfets ont déposé des recours :

"Nous connaissons le statut juridique de tels arrêtés mais il s'agit pour nous d'engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens."

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Puisqu'il s'agit de grandes villes et non de communes rurales abritant des cultures, cette action reste en grande partie symbolique. La loi interdit en effet déjà depuis 2017 l'utilisation de produits chimiques par les collectivités pour entretenir les espaces verts et la voirie. Même interdiction depuis janvier pour les particuliers et jardiniers amateurs, qui ne peuvent plus utiliser que des produits phytopharmaceutiques d'origine naturelle.

Les véritables concernés seront donc les espaces verts des copropriétés et des entreprises, notamment la SNCF, qui est une grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords immédiats.

"À Lille, il n'y a pas de champs, mais […] il y a par exemple toutes les voies appartenant à la SNCF et qui bien souvent se trouvent à proximité des habitations !", a commenté Stéphane Baly, président du groupe des élus EELV à Lille, ajoutant :

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"Cette démarche conjointe avec un certain nombre de maires de grandes villes […] a notamment pour but de faire plier le gouvernement."

Le gouvernement a en effet récemment proposé de fixer à 5 ou 10 mètres, selon les cultures, la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides, un arbitrage rapidement dénoncé comme minimaliste par les écologistes et les associations. Un projet de décret est en consultation publique depuis lundi et jusqu'au 1er octobre.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 12/09/2019

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