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10 milliards d'individus sur Terre en 2050, et alors ?

La solution pour survivre : devenir végétarien.

Lundi 17 juin, l’ONU publiait un rapport avançant qu’on frôlera les 10 milliards d’individus sur Terre en 2050. Soit presque trois milliards de plus qu’aujourd’hui, puisque nous sommes actuellement 7,2 milliards sur la planète. Doit-on s’en inquiéter ? Quelles conséquences cela aura-t-il sur nos modes de vie ?

(c) Sara Bentot / Konbini

Le démographe français et chercheur émérite à l’Institut national d’études démographiques (INED) Hervé Le Bras, notamment auteur de Vie et mort de la population mondiale et plus récemment de Se sentir mal dans une France qui va bien, nous aide à comprendre les implications d’un tel changement.

Selon le chercheur, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. "On a ces projections depuis longtemps, et celles qui portent sur la population totale du monde n’ont pas beaucoup changé", assure-t-il à Konbini news.

En effet, si le rapport publié lundi par l’ONU prévoit que nous serons 9,7 milliards d’êtres humains en 2050, à titre d’exemple, l’organisation internationale parlait déjà de 9,6 milliards en 2013. Ces projections, comme on les appelle, existent depuis le début des années 1960. Mais à quoi servent-elles ?

Selon Hervé Le Bras, elles ont surtout un but idéologique. "À un moment donné, il s’agissait de faire peur avec ce qu’on appelait 'l’explosion démographique'. Il y avait cette peur du Tiers-Monde", postule le démographe. Aujourd’hui, cela s’est doublé d’une nouvelle exigence en lien avec des problématiques environnementales. Il explique :

"Ces projections servent aussi à affiner les prévisions climatiques. Les études sur le sujet vont jusqu’en 2100, et les scientifiques qui les font ont besoin de savoir quelles seront la population et la consommation en 2100. Sinon, impossible pour eux de savoir combien il y aura de CO2 dans l’atmosphère."

Par ailleurs, l’ONU estime que nous serons 11 milliards en 2100.

"La plus grosse inquiétude, c’est la nourriture"

Une des premières questions qui viennent spontanément, c’est de savoir si on aura assez de ressources pour nourrir ces 10 milliards de bouches. "La plus grosse inquiétude, c’est la nourriture", confirme Hervé Le Bras.

"La réponse a été donnée par la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) il y a longtemps. Et la réponse est oui, on pourra nourrir 10 milliards d’habitants. En réalité, on pourrait même les nourrir dès maintenant si on arrêtait de donner des céréales et du soja aux animaux", nuance Hervé Le Bras.

Le problème, c’est que dans l’état actuel des choses, une part trop importante de nos ressources agricoles sert à nourrir les élevages de viandes. "50 % de la production de céréales est destinée à la nourriture des animaux. Si on continue à consommer autant de viande, ça sera difficile", confirme le démographe.

En 2050, tous végétariens ? "La consommation de calories animales diminue dans certains pays, certes, mais elle augmente dans d’autres comme en Chine ou dans les pays du Tiers-Monde. Savoir combien il y aura d’humains en 2050, ce n’est pas très utile, ce qu’il faut savoir c’est ce qu’il y aura dans nos assiettes", conclut Hervé Le Bras.

Est-ce que cette croissance va être exponentielle ?

Sur ce point, le démographe est catégorique : "En réalité, on n’ira pas beaucoup plus loin que 10 milliards d’humains sur Terre." Même en 2100. Selon lui, à son maximum en 1970, la population du monde s’accroissait au rythme de 2,1, % par an. Ce qui était beaucoup.

En gros, la population mondiale doublait tous les 30 ans. Aujourd’hui, elle s’accroît au rythme de 1, % par an, un taux qui a vocation à diminuer. Un peu avant 2100, le démographe prévoit une croissance quasi nulle.

Enfin, est-ce que vivre plus nombreux signifie qu’on vivra plus longtemps ? Le rapport indique que l’espérance de vie devrait augmenter dans les années à venir. Au cours des 40 prochaines années, l’espérance de vie au niveau mondial devrait atteindre 76 ans en 2045-2050 et 82 ans en 2095-2100, selon le rapport.

Par Clothilde Bru, publié le 19/06/2019

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