Rétropédalage d'Alain Gibelin : Marine Le Pen évoque des "pressions de la haute administration"

Vous pouvez reformuler la question ?

Le directeur de l'ordre public, Alain Gibelin était auditionné par la commission d'enquête à l'Assemblée nationale lundi 23 juillet. Et il a sérieusement mis à mal la version appuyée par l'Élysée depuis plusieurs jours.

Depuis le début de ce que beaucoup qualifient de "scandale d'État", la présidence affirme qu'à la suite des événements du 1er mai, Alexandre Benalla était suspendu de ses fonctions durant quinze jours. Pourtant, M. Gibelin a contredit cette version, en affirmant qu'il était présent à de multiples réunions préparatoires concernant la sécurisation des déplacements d'Emmanuel Macron, entre le 2 et le 18 mai. 

Ses révélations ont provoqué de nombreuses réactions indignées, beaucoup pointant de "nouvelles contradictions", à l'instar de la députée LR des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer. Quand à l'élue France Insoumise de la 17e circonscription de Paris, Danièle Obono, elle a vu dans cette audition la "chute de la maison Macron"

Dans la soirée, l'Élysée a démenti "formellement" la version attestée par Alain Gibelin. Mais pour beaucoup, ce fut trop tard : le député Eric Coquerel, parlait déjà pour sa part d'un "lundi noir pour l'Élysée".

Selon Marine Le Pen, l'Élysée veut "sauver le soldat Benalla"

Selon les informations du Figaro, confirmées par celles de France Info, M. Gibelin ferait machine arrière et s'apprêterait à adresser un courrier "dans la journée" à la présidente de la Commission des lois, Yaël Braun-Pivet, députée de la 5e circonscription des Yvelines, pour expliquer qu'il a "mal compris la question", "à cause du bruit dans la salle". Le quotidien explique se baser sur "plusieurs sources bien informées au sein de La République en marche".

Alain Gibelin expliquerait donc aujourd'hui avoir compris que la présidente du Front national Marine Le Pen, évoquait la période courant du 2 mai au 18 juillet. Pourtant, au visionnage de la vidéo, on peut clairement voir la députée de la 11e circonscription du Pas-de-Calais lui poser la question à trois reprises, de manière claire et le tout dans un silence de mort. À chaque fois, sa réponse est la même, claire et concise : "oui".

Pour Marine Le Pen, interrogée ce mardi 24 juillet sur BFMTV, ce revirement de situation est dû à des "pressions de la haute administration et qui visent une fois de plus à sauver le soldat Benalla".

De nouvelles auditions sont prévues ce jour et devraient permettre d'éclaircir la situation. Ce sont celles du directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, à 16h30 suivie deux heures plus tard de celle de Marie-France Monéger-Guyomarc’h, directrice de l'Inspection Générale de la Police Nationale. Enfin, sera entendu à 21h Stéphane Frattaci, le directeur de cabinet de Gérard Collomb. Quand au ministre de l'Intérieur, il est ré-entendu, au Sénat cette fois, cet après-midi.

Par Astrid Van Laer, publié le 24/07/2018