Péril au Brésil : le Trump local en tête du premier tour de l’élection présidentielle

Dimanche 7 octobre, Jair Bolsonaro est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne.

(© Adriano Machado/Reuters)

Homophobe, misogyne, pro-armes… le vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil n’est pas sans rappeler le 45e président des États-Unis, Donald Trump.

Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite du Parti social-libéral (PSL), est arrivé en tête dimanche 7 octobre, avec 46,06 % des voix. Un score insuffisant pour le principal intéressé, qui met en cause des "problèmes avec les urnes électroniques" qui l’auraient empêché d’être élu dès le premier tour, comme le rapporte Le Monde.

Crédité d’à peine 30 % des intentions de vote la semaine dernière, ce nostalgique de la dictature militaire arrivé un peu tard dans la course à l’élection présidentielle a décollé dans les sondages, à la faveur d’un fort climat d’insécurité et de plusieurs scandales de corruption mettant en cause les partis traditionnels.

L’ancien ministre de l’Éducation Fernando Haddad, candidat du parti des travailleurs (PT) arrivé second avec 29,24 % des voix, a lui-même été éclaboussé par un scandale de corruption.

"Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel"

La mode étant aux candidats "anti-système" Jair Bolsonaro, a séduit par son franc-parler et ses slogans aux accents populistes :"Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus de tous."

Il multiplie les sorties homophobes – "Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel" (en 2011 dans Playboy) – ou misogynes – "J’ai cinq fils… quatre sont des hommes et pour le cinquième, je me suis planté, et une femme a vu le jour" (en 2017) –, comme le rapporte France Culture.

Toutefois, Jair Bolsonaro est loin de faire l’unanimité dans son pays. Il a frôlé la mort il y a quelques semaines, après avoir été poignardé par un militant d’extrême gauche lors d’un bain de foule. De même, le 29 septembre dernier, plusieurs centaines de milliers de femmes ont marché dans les rues pour protester contre sa candidature.

Si Jair Bolsonaro semble avoir une solide avance, rien n’est encore joué pour le second tour de cette élection présidentielle, qui se tiendra le 28 octobre prochain.

Par Clothilde Bru, publié le 08/10/2018