La lutte contre le réchauffement climatique pourrait créer 65 millions d’emplois

"Les décisions que nous allons prendre dans les deux, trois prochaines années vont être cruciales."

(Sommet citoyen pour le climat en France. © Photo by Godong/UIG via Getty Images)

La transition écologique serait sous-estimée et pourrait représenter un bénéfice de 26 milliards de dollars. C’est du moins ce qu’indique la Commission mondiale sur l’économie et le climat, qui a rendu public mercredi 5 septembre son rapport pour l’année 2018.

La Commission, principalement formée d’anciens dirigeants politiques et de chefs d’entreprise, est présidée par l’ex-ministre des Finances du Nigeria et économiste Ngozi Okonjo-Iweala, le PDG d’Unilever Paul Polman et l’ancien président de la Banque mondiale Nicholas Stern, rapporte Capital.

Intitulé Développer un nouveau modèle de croissance inclusive pour le XXIe siècle : accélérer l’action climatique d’urgence, le rapport est optimiste sur les profits que peut engager la lutte contre le changement climatique, dans la mesure où celle-ci est très rapidement mise en place, et de manière efficace.

Dans ces conditions, cela pourrait engendrer la création de 65 millions d’emplois mais aussi des recettes annuelles équivalant à 2 800 milliards de dollars, soit le PIB actuel de l’Inde, la sixième puissance mondiale.

"Nous n’avons plus de temps"

"Nous entrons dans une nouvelle ère de croissance économique", soulignent les experts, qui assurent qu'"une croissance de grande qualité peut être combinée avec une action climatique forte". Un rapport de l’Organisation internationale du Travail, publié en mai dernier, avait établi des conclusions similaires :

"L’action visant à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius va se traduire par suffisamment de créations d’emploi pour compenser largement les 6 millions de suppressions d’emploi faites ailleurs."

En conséquence, il prône notamment un meilleur développement urbain, une industrie basée sur l’économie circulaire, une gestion des eaux raisonnable, une utilisation durable des sols et le nettoyage des systèmes d’énergie. Le tout au plus vite : "Nous n’avons plus de temps", plaident-ils. Et de souligner :"Les décisions que nous allons prendre dans les deux trois prochaines années vont être cruciales."

Par Astrid Van Laer, publié le 05/09/2018