Incendies meurtriers en Grèce : des victimes piégées "à leur domicile ou dans leurs voitures"

La Grèce vit une tragédie nationale depuis que des feux meurtriers ont ravagé l’Attique de l’Est le 23 juillet au soir, emportant au moins 50 personnes.

Au nord-est d’Athènes, le 23 juillet 2018. (© Giorgos Zachos/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

"L’Enfer de Dante". Le titre du journal grec Ta Nea le 24 juillet est terrifiant. La veille, d’importants incendies se sont déclenchés dans les alentours de la capitale Athènes et entraîné plusieurs décès entre les villes de Rafina et Nea Makri.

Le journal d’opposition centriste filme ce matin des images de désolation :

Cette catastrophe est survenue à cause d’une chaleur extrême et de vents violents, au-delà de 100 km, qui ont attisé les flammes toute la journée, explique LCI.

Le bilan est lourd : 50 morts et 172 blessés dont 11 grièvement, mais les autorités "cherchent encore s’il y a d’autres disparus" a indiqué le ministre de l’Intérieur Panos Skourletis à la télévision. D’après l’AFP, ces incendies sont les plus meurtriers en Europe depuis le début du siècle, avec ceux du Portugal l’an passé et de la Grèce, à nouveau, en 2007.

"Enlacées et carbonisées"

Dans la cour d’une villa, à Matti, une station balnéaire située à l’est d’Athènes, 26 corps calcinés ont été retrouvés le 24 juillet au matin. Parmi les victimes, des hommes, des femmes, mais aussi des enfants. Selon un photographe AFP présent sur les lieux, ces personnes ne sont pas parvenues à atteindre la mer pour se protéger du feu ; elles ont été découvertes "enlacées et carbonisées".

Le porte-parole du gouvernement, Dimitris Tzanakopoulos, raconte que d’autres personnes ont été retrouvées piégées "à leur domicile ou dans leurs voitures" ; quatre individus se sont aussi noyés en mer dans une tentative d’échapper aux flammes. L’une des plus jeunes victimes est un bébé de 6 mois, mort par inhalation de fumée.

Vidéo de l’autoroute à hauteur de Kineta !
Évitez de vous déplacer dans la région.

Patrouilleurs, bâtiments militaires et même une douzaine de bateaux privés assistés d’hélicoptères de l’armée ont été déployés dans la nuit pour évacuer les rescapés réfugiés sur les plages. Ces derniers ont été rapatriés vers des hôtels et des camps militaires.

La Grèce a activé le mécanisme européen de protection civile, relaie l’AFP, pour obtenir l’aide de ses partenaires. L’Espagne, Chypre, Israël et les États-Unis ont offert des renforts.

Par Julie Baret, publié le 24/07/2018