Une blogueuse crée la polémique en plaidant pour le retrait de passeport des travailleurs philippins

"Et le pire, c’est qu’ils ont droit à un jour de congé par semaine !", a ajouté la jeune femme.

(© Compte Instagram de Sondos al-Qattan)

En février dernier, la mort de Joanna Demafelis, une jeune femme philippine décédée à seulement 29 ans et dont le cadavre avait été retrouvé dans le congélateur de ses employeurs, avait déclenché une crise diplomatique entre les Philippines et le Koweït.

Le premier pays, par le biais de son président Rodrigo Duterte, avait ensuite interdit à ses ressortissants de se rendre dans le second pour travailler, donnant lieu à l’expulsion respective de chacun des deux ambassadeurs.

Le 11 mai dernier, le Koweït et les Philippines sont parvenus à un accord donnant plus de droits aux travailleurs philippins, leur permettant notamment de "garder leurs téléphones, avoir un jour de repos hebdomadaire et recourir à l’aide des autorités de Manille si nécessaire", rappelait alors Le Point.

Un progrès qui n’a pas plu à Sondos al-Qattan. La jeune femme est suivie par 2,3 millions de personnes sur son compte Instagram. Habituée à publier des tutoriels de maquillage, le 17 juillet, elle a pourtant décidé de sortir de son domaine de compétences pour évoquer la question des travailleurs philippins dans son pays. Une chose est sûre : elle n’est pas une grande fan de la liberté de mouvement.

"Comment peut-on laisser son 'servant' garder son passeport ?", s’interroge la blogueuse dans une vidéo, traduite par Le Nouvel Obs. Et de poursuivre : "Imaginez qu’il s’enfuie et qu’il retourne dans son pays ! Qui me dédommagera pour ça ?" Le reste de la vidéo vaut le détour. On l’entend notamment questionner :

"C’est quoi ce cirque ? […] Et le pire, c’est qu’ils ont droit à un jour de congé par semaine ! C’est quoi la suite ?"

La jeune femme reste "convaincue de sa position"

Malgré la polémique grandissante et les marques qui la sponsorisent qui se désengagent une à une, lorsqu’elle a été interrogée par l’Agence France Presse, Sondos al-Qattan n’a pas regretté ses propos, loin de là. Elle persiste et elle signe : "Je n’ai pas fauté, je suis convaincue de ma position et je n’ai fait de mal à personne". Et d’ajouter :

"Tout ce que j’ai dit, c’est que l’employeur était en droit de garder le passeport de l’employé. Et de nombreux Koweïtiens et ressortissants du Golfe sont d’accord avec moi."

Selon la starlette, ses propos n’ont pas "porté atteinte à la dignité du domestique et n’ont rien à voir avec l’humanisme ou les droits de l’Homme, du moment que le salaire de cet employé n’est pas retenu et qu’il n’est pas battu".

Dans une publication sur Instagram mardi 24 juillet, Sondos al-Qattan a argué que le retrait de passeport était une manière de "protéger l’employeur", "quelque soit la nationalité de l’un ou de l’autre" :

"Ne jugez pas une personne sans avoir tous les éléments de la situation. Juste parce que vous n’êtes pas d’accord ne signifie pas que vous avez raison."

  • 0