États-Unis : les hôpitaux accueillent de plus en plus de victimes d’accidents de trottinettes électriques

Fast and furious, trottinette édition.

(Photo by Mario Tama/Getty Images)

Les trottinettes électriques bourgeonnent sur nos trottoirs comme les fleurs au printemps. Très en vogue dans la capitale depuis plusieurs mois, elles incarnent le nouveau cool, ringardisant presque le skateboard et le scooter. Toutefois, cet entre-deux entre le vélo et le deux-roues pose plusieurs problèmes et les hôpitaux accueillent de nouveaux types d’accidentés.

En effet, ces engins ne sont pas soumis au Code de la route. Deux choix s’offrent donc aux utilisateurs qui décident de sauter le pas : se déplacer sur le trottoir et risquer de blesser les piétons, ou rouler sur la chaussée et alors s’exposer au danger de se faire renverser par une voiture.

Outre-Atlantique, où le marché de la trottinette s’est développé depuis plusieurs années maintenant, les accidents se multiplient. C’est ce que rapporte le Washington Post, qui explique que les blessures causées par ces accidents sont associées par les médecins à celles normalement dues aux accidents de la route, comme des “nez, poignets et épaules cassées, des lacérations et des fractures du visage”.

“Ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un ne se tue. J’en suis absolument certain”, assure Michael Sise, chef de l’équipe médicale de l’hôpital Scripps Mercy, à San Diego.

À San Francisco, un médecin du service des urgences évoque pour sa part en moyenne dix blessés “sérieux” par semaine à cause de ces engins d’un nouveau genre. En cause notamment : le fait qu’ils sont conduits sans casque.

Bientôt un permis ?

Bird, l’une des trois entreprises de trottinettes américaines, oblige pour sa part ses clients à être âgés de plus de 18 ans et à être en possession d’un permis de conduire. Toutefois, elle milite activement pour empêcher la Californie de légiférer sur l’obligation de porter un casque, rappelle le quotidien américain.

Dans l’Hexagone, sur les réseaux sociaux, beaucoup se plaignent de la manière dont les trottinettes électriques sont conduites, les qualifiant de dangers publics à l’instar de Michel, qui s’interroge sur Twitter : “je ne comprends pas qu’elles ne soient pas interdites”. Les accidents sont nombreux ici aussi.

En conséquence, Christophe Najdovski, le maire-adjoint de Paris, en charge des Transports et de l’Espace Public, a fait des trottinettes électriques son nouveau cheval de bataille. Dimanche dernier, dans un entretien accordé à France Info, ce dernier réclamait une législation adaptée, martelant la “nécessité d’une régulation de ces déplacements et d’une réglementation nationale pour définir la catégorie de ces véhicules”.

“Certains peuvent aller jusqu’à 40 kms/h”, ajoutait-il. Pour l’instant, la capitale s’est engagée à mettre en place une “charte de bonne conduite”, qui est déjà à l’œuvre pour les utilisateurs de Vélib' et Scootlib'. Mais M. Najdovski va plus loin et envisage l’instauration d’un “permis accordé par les collectivités, une sorte de licence”.

Toutefois, pas de panique, on ne pourra pas s’entendre dire, alors qu’on trottine cheveux au vent, par un agent de circulation : “papiers du véhicule s’il vous plaît”. S’il était mis en place, ce permis serait délivré aux opérateurs et non aux usagers, souligne M. Najdovski.

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