Par Astrid Van Laer

Les conséquences de l’affaire Benalla se poursuivent avec le dépôt d’une motion de censure par des oppositions qui font front commun.

(Photo by Aurelien Meunier/Getty Images)

Les Républicains ont déposé une motion de censure à l’encontre du gouvernement d’Édouard Philippe jeudi 26 juillet. Le chef de groupe Christian Jacob a expliqué que dans la gestion de l’affaire Benalla, le gouvernement avait "failli sur l’organisation de la protection d’Emmanuel Macron" et selon lui, la motion constitue "le seul moyen d’obtenir une explication du Premier ministre".

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a indiqué qu’elle voterait en faveur de cette motion de censure "pour exprimer [s]on désaccord avec l’État autoritaire que M. Macron met en place".

La France insoumise et les partis Socialiste et Communiste semblent partis pour leur emboîter le pas, apprenait-on ce vendredi 27 juillet. L’élu FI Éric Coquerel a annoncé que son groupe "votera la motion de censure" mais en déposera une nouvelle. Invité sur Europe 1, il y a déclaré :

"Il nous semblait important que nous puissions aussi avoir une motion de censure avec les autres forces que sont le parti socialiste et le parti communiste.

Donc, il va y avoir une deuxième motion de censure qui va être déposée aujourd’hui."

Pour son collègue Adrien Quatennens, "faire descendre Macron de son nuage est une impérieuse nécessité". Le mot d’ordre des Insoumis Danièle Obono, Jean-Luc Mélenchon ou encore François Ruffin : "le gouvernement doit être censuré", simplement.

Emmanuel Macron n’a pas l’air inquiet. En déplacement à Madrid, il a expliqué qu’il ne pensait aucunement que cette motion de censure puisse "conduire à sanctionner le gouvernement d’Édouard Philippe".

"La commission d’enquête est morte"

Quant aux auditions devant les commissions d’enquête concernant l’affaire Benalla, au départ bondées puisque les députés faisaient unanimement des coudes pour y entrer, elles sont nettement plus clairsemées en ce jour de canicule.

Beaucoup de députés l’ont quittée, pointant du doigt une "mascarade". Ils ont avancé la "partialité de la présidente", l’élue LREM Yaël Braun-Pivet, pour justifier leur absence. Pour le député de Seine-Saint-Denis et président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde notamment, la "commission est morte des excès de l’opposition et de la partialité de sa présidente".

Pendant ce temps-là…

Habituellement, les sessions ordinaires du Sénat de l’Assemblée se clôturent le 30 juin. Il avait été décidé qu’elles seraient prolongées en session extraordinaire jusqu’au début du mois d’août, en raison de la "multiplication des projets de loi" et de certains "retards" dans l’examen de ces derniers.

Par conséquent, pendant que tout le monde se concentrait sur l’affaire Benalla, le Sénat et l’Assemblée nationale ont continué à examiner des textes de loi. La proposition de loi du chef de file des députés La République en marche, Richard Ferrand, "pour améliorer la réponse civile et pénale pour diffusion de 'fake news'", a été rejetée par le Sénat jeudi 26 juillet.

Les élus ont expliqué qu’il n’y avait "pas lieu de délibérer". Le rapporteur Les Républicains Christophe-André Frassa a argué, comme le rapporte France Info, qu’il doutait de "l’efficacité des dispositions proposées" et craignait "les risques d’une atteinte disproportionnée à la liberté de communication".

À la genèse de cette proposition de loi, Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot et auteur de La Démocratie des crédules, avait donné son point de vue à Konbini news sur le sujet.