Accusé de corruption, le président d’Interpol est détenu en Chine depuis 10 jours

En poste depuis 2016, Meng Hongwei a donné sa démission dimanche soir.

(© Mikhail MetzelTASS via Getty Images)

La disparition du chef de la police internationale, Meng Hongwei commençait sérieusement à inquiéter. Lundi 8 octobre, Pékin a confirmé que les autorités chinoises détenaient le président d’Interpol.

Il est accusé "d’avoir accepté des pots-de-vin" et "soupçonné d’avoir violé la loi", comme le rapporte le ministère de la Sécurité publique chinois dans un communiqué de presse. Celui qui est aussi vice-ministre de la Sécurité publique en Chine est donc détenu par Pékin depuis une dizaine de jours.

Le 4 octobre dernier, son épouse alertait les autorités françaises sur sa disparition. Elle était sans nouvelles de son mari depuis le 25 septembre, date à laquelle Meng Hongwei prenait l’avion de Stockholm pour la Chine avant de disparaître des radars. Quelques heures avant de contacter la police française, sa femme Grace Meng qui réside avec son mari à Lyon, siège d’Interpol, avait reçu des menaces sur les réseaux sociaux et par téléphone.

Un dernier message inquiétant

Elle est depuis placée sous protection policière. Les autorités françaises soupçonnaient depuis plusieurs jours la Chine de détenir le chef de l’organisation internationale chargée d’assurer la coopération entre les polices du monde entier. Dans un nouveau rebondissement, Meng Hongwei a donné sa démission dimanche 7 octobre, comme le révèle Interpol dans un tweet :

Effectif immédiatement, ce départ spectaculaire conclut deux années de mandat à la tête d’Interpol. Nommé en 2016, l’homme politique chinois de 64 ans devait rester en poste jusqu’en 2020. C’est le Sud-Coréen Kim Jong-yong qui lui succède temporairement.

Alors qu’une enquête pour disparition inquiétante a été ouverte en France, Grace Meng s’est dite persuadée que son mari était en "danger", comme le rapporte France 24. Elle affirme que le dernier message qu’elle a reçu de son mari ne comportait qu’une émoticône représentant un couteau.

Comme le rappelle Courrier International, "ce n’est pas la première fois qu’un membre important de la diaspora chinoise manque subitement à l’appel, sous prétexte d’une lutte anticorruption qui s’apparente parfois à une purge politique." Cet été, l’actrice la mieux payée de Chine Fan Bingbing disparaissait dans des circonstances similaires.

Par Clothilde Bru, publié le 08/10/2018