Ces dernières années, les selfies ont fait plus de victimes que les requins

Les "selficides" ont fait 259 morts entre 2011 et 2017.

© Petri Artturi Asikainen via Getty Images

C’est le nouveau marronnier. Déjà en 2015, LCI titrait "Les selfies ont fait plus de morts que les attaques de requin". Un an plus tard, on en rajoutait une couche : "Depuis le début de l’année, le selfie a déjà causé 20 morts."

Pour autant, derrière ces titres racoleurs se cache bien une vérité absurde : des dizaines de personnes sont mortes en tentant de tirer leur égoportrait. Vice Canada qui relaie cette étude indienne parle de "selficide."

Étant donné qu’il n’y a pas de chiffres officiels sur la question, l’Institut médical des sciences de Delhi a épluché tous les articles de journaux recensant les morts liées au selfie entre octobre 2011 et novembre 2017.

Selon leurs calculs cela concerne 259 personnes. En opposition les requins ne font en moyenne que 6 victimes par an. Mais comment meurt-on à cause d’un selfie ?

Des victimes âgées de 23 ans en moyenne

Le cas le plus récent en France est lié à une chute. En juillet dernier le milliardaire chinois Wang Jian a été retrouvé mort en Provence "au pied du mur duquel il prenait des photos de lui et d’une église se trouvant à flanc de falaise", précise Le Soir.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que cette étude ait été réalisée par un institut indien. Depuis plusieurs années l'Inde est en tête du classement des pays où les gens meurent en essayant de prendre des selfies, suivie par la Russie et les États-Unis.

Plus de la moitié des accidents recensés par l’étude se sont déroulés en Inde. Selon cette étude c’est parce que la puissance démographique compte beaucoup de jeunes dans sa population, qui sont les premières victimes de "selfies mortels". Selon les scientifiques indiens leur âge moyen est de 22,94 ans.

Depuis deux ans, la capitale indienne a même prévu des zones où les selfies sont interdits. Malheureusement en France, il n’y a pour le moment qu’un seul événement où ils sont prohibés : le Festival de Cannes.

Par Clothilde Bru, publié le 04/10/2018