Par Astrid Van Laer

"J’espère que le pays ne vous le pardonnera pas", a lancé le député aux membres de la majorité, à propos du rejet d’un texte sur l’inclusion des élèves handicapés à l’école.

(© Christophe Archambault/AFP)

"Chers collègues 'marcheurs', je vous le demande avec solennité : vous n’avez pas honte ?" C’est avec ces mots que François Ruffin a débuté sa prise de parole du 11 octobre à l’Assemblée nationale, à l’adresse des députés LREM. Fustigeant la "paresse" et le "sectarisme" de ces derniers, le député de la 1ère circonscription de la Somme (affilié à La France insoumise) a tenu un discours particulièrement engagé.

Aurélien Pradié, le député Les Républicains de la 1ère circonscription du Lot, avait déposé une proposition de loi relative à l’inclusion des élèves en situation de handicap.

Partant du constat qu’en une décennie, "le nombre d’élèves en situation de handicap a triplé, passant de 100 000 en 2006 à 320 000 en 2017" et que "c’est au sein de l’école que se construisent les citoyens que [les enfants] seront demain", la proposition de loi proposait la création d’un statut "d’aidant à l’inclusion scolaire" (et donc également de formations spéciales).

"Vous vous êtes contentés de voter contre, comme des Playmobil"

Malgré la couleur politique du parti qui avait déposé la proposition, la France insoumise avait apporté son soutien au texte. Après le rejet, ce jeudi 11 octobre, de cette proposition par les députés de la majorité, le réalisateur de Merci Patron ! s’est donc insurgé, évoquant "les tas d’amendements" déposés par le groupe France insoumise pour "améliorer" le texte, avant de balancer : "Et vous les marcheurs, [n’en avez déposé] aucun. Vous êtes 300 et vous n’avez même pas participé aux échanges."

Et d’ajouter : "Vous vous êtes contentés de voter contre, contre, contre comme des Playmobil." Depuis, François Ruffin a mis en ligne la liste des députés qui se sont prononcés contre cette proposition de loi, demandant aux citoyens de la diffuser :

"Pour les enfants handicapés, leurs accompagnants, j’espère que le pays ne vous le pardonnera pas. Nous demandons un scrutin public ! Les noms publiés ! Ils circuleront à travers la France. Et ce vote, j’en suis convaincu, vous collera à la peau comme une infamie."

Pour la députée LREM de la 10e circonscription de Paris, Anne-Christine Lang, "ce sont des méthodes de voyous" : "ça s’appelle de la délation, de l’incitation à la haine". "C’est quoi l’idée ? [Que ceux qui ont voté contre] soient insultés, agressés, violentés ?", a-t-elle demandé, se voyant alors répondre :