AccueilInitiatives

Covid-19 : Emmanuel Macron propose de transférer 3 à 5 % des vaccins aux pays africains

Publié le

par Hugo Gabillet

Emmanuel Macron, février 2021. (© Christian Hartmann/Pool/AFP)

Une idée qui sera soumise aux dirigeants du G7 ce vendredi.

Jeudi, le chef de l’État français a proposé que les pays riches transfèrent 3 à 5 % des vaccins contre le Covid-19 qu’ils ont en stock à l’Afrique, qui en manque cruellement. Dans un entretien au quotidien britannique Financial Times, Emmanuel Macron a indiqué qu’il soumettra cette idée à la réunion des dirigeants du G7 ce vendredi. La chancelière allemande, Angela Merkel, est "d’accord" avec cette initiative, a-t-il précisé.

"C’est l’intérêt des Français et des Européens"

"Je dis : 'Transférons 3 % ou 5 % aujourd’hui des vaccins qu’on a en stock à l’Afrique.' Cela n’a aucun impact sur le rythme de la stratégie vaccinale [dans les pays riches]. Ça ne la ralentit pas d’un jour, compte tenu aujourd’hui de l’utilisation de nos doses", a-t-il déclaré. Le président français considère qu’il en est de "l’intérêt des Français et des Européens" car il y a "plus de 10 millions de concitoyens qui ont des familles de l’autre côté de la Méditerranée".

Emmanuel Macron a estimé que "si on laisse s’installer l’idée que des centaines de millions de vaccins sont en train d’être faits dans les pays riches et qu’on ne commence pas dans les pays pauvres, c’est insoutenable".

"Avant le G7, Macron exhorte les États-Unis et l’Europe à allouer des vaccins aux plus pauvres."

Mettre la pression sur les laboratoires pharmaceutiques

"C’est plutôt une accélération des inégalités mondiales inédite" et "c’est politiquement insoutenable à terme parce que c’est ce qui permet d’installer une guerre d’influence des vaccins. Et vous voyez bien la stratégie chinoise, la stratégie russe aussi", ajoute-t-il.

"Le Britannique Johnson accueillera une réunion virtuelle du G7 pour promouvoir le déploiement mondial du vaccin."

Il faut, selon lui, "mettre une très forte pression" sur les grands laboratoires pharmaceutiques pour accroître la production de vaccins. S’ils "ne jouent pas le jeu de la coopération, immanquablement montera la question politique, dans tous nos pays, de la propriété intellectuelle", ainsi que "le débat des surprofits faits sur la raréfaction du vaccin".

"L’objectif est d’embarquer un maximum de partenaires européens et non européens, mais si tout le monde n’est pas à bord, la France s’engagera" et donnera ces 5 % de doses, a précisé l’Élysée. Il s’agira soit de dons soit de ventes à bas prix.

"Faire du vaccin un bien public mondial"

"Nous espérons vivement qu’au G7, les États-Unis montreront un engagement plus important, y compris financier dans le dispositif Covax d’allocation de vaccins aux pays pauvres", a ajouté l’Élysée. Paris a également relevé que :

"Le mécanisme de dons de doses est ouvert aux Russes et aux Chinois. Les Chinois rappellent souvent leur adhésion au multilatéralisme, ils ont l’occasion avec Covax d’en faire la preuve, plutôt qu’une approche bilatérale avec une logique de diplomatie vaccinale, voire de clientélisme."

"Aujourd’hui, deux versions du vaccin AstraZeneca/Oxford sont répertoriées pour une utilisation d’urgence, donnant le feu vert pour que ces vaccins soit déployés dans le monde via #Covax."

Emmanuel Macron a participé ces derniers jours à plusieurs réunions sur ce dossier des vaccins, dont la dernière s’est tenue mercredi avec des dirigeants africains, afin de plaider pour une accélération de la mise à disposition de vaccins dans les pays pauvres. Jeudi, il s’est aussi entretenu avec le président indonésien Joko Widodo, les deux hommes partageant "l’objectif de faire du vaccin un bien public mondial", selon l’Élysée.

Konbini news avec AFP

À voir aussi sur news :