© SEBASTIEN BOZON / AFP

Coronavirus : l'oxygénation à domicile testée par les Hôpitaux de Paris

"On teste s’il est possible de suivre leur état de santé et leur niveau de saturation en oxygène à domicile."

Alors que le nombre de décès dus à l’épidémie de Covid-19 s’est élevé à 3 024 hier en France, le directeur général de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris), Martin Hirsch, a rappelé que le pic de la vague n’avait pas encore été atteint en Île-de France.

Au sujet de celui-ci, l’ancien président d’Emmaüs France a répondu dans une interview accordée à Libération : "Je ne sais pas quand il arrivera." Il a également annoncé au quotidien qu’une initiative, appelée "Covidom 02", avait été lancée "pour commencer à préparer la suite". Il s’agit d’un test d’oxygénation des patients à domicile afin de libérer des lits plus tôt quand cela est possible.

Publicité

Il a détaillé que Covidom 02 allait permettre de "faire en sorte que des patients puissent sortir de médecine aiguë plus rapidement de sorte à pouvoir en accueillir d’autres, par exemple sortant de réanimation". Et d’ajouter : "On teste s’il est possible de suivre leur état de santé et leur niveau de saturation en oxygène à domicile."

"On a réussi à amoindrir les problèmes"

Dans sa prise de parole, Martin Hirsch est revenu plus largement sur l’appel qu’il avait lancé mercredi dernier. Il avait effectivement déclaré que les hôpitaux parisiens étaient sur le point d’être débordés et lançait "plus qu’un appel à l’aide".

Il demandait donc l’assurance d’avoir : plus de respirateurs afin d’éviter "qu’on connaisse les difficultés qu’on a connues sur les masques", plus de personnel et la reconnaissance de ces derniers, évoquant notamment la création de primes, mais également "l’assurance de ne pas être en manque de médicaments".

Publicité

Aujourd’hui, il déclare que le manque de médicaments faisait toujours "partie des points cruciaux sur lesquels [l’AP-HP] alerte et travaille". Quant aux respirateurs, il a assuré : "On a réussi à amoindrir les problèmes, on a quelques approvisionnements et la fabrication monte en cadence", nuançant toutefois : "On est toujours à devoir compter sur des respirateurs qui ne sont pas les plus adaptés."

Enfin, en ce qui concerne les personnels de santé et la reconnaissance de leur travail, il a répondu :

"L’extraordinaire, c’est que ceux qui considéraient qu’ils n’avaient pas été entendus lors du récent conflit hospitalier n’ont, face à la pandémie, fait preuve ni de rancune ni de petitesse, mais au contraire de générosité et de largesse.

Cela nous oblige encore plus. C’est quelque chose dont je serai, à la place où je suis, le garant, avec toute la force dont je peux être capable, proportionnelle à l’engagement des équipes."

Publicité

Par Astrid Van Laer, publié le 31/03/2020