Photo Roulette, l’appli dangereuse qui joue à la roulette russe avec vos photos

Au hasard, le jeu peut dévoiler n’importe quelle photo figurant dans votre smartphone.

Un smartphone et une galerie photo bien remplie : c’est tout ce dont les participant·e·s (entre trois à cinquante) ont besoin pour jouer à Photo Roulette, l’application qui cartonne en ce moment auprès des adolescent·e·s. Chaque joueur·se se connecte à la partie et laisse le jeu piocher des photos au hasard dans son téléphone.

Après le dévoilement de quinze photos pour tou·te·s les joueur·se·s durant cinq secondes, suffisantes pour faire un screenshot, la personne gagnante est celle qui aura deviné le plus rapidement le mystérieux propriétaire de chaque image.

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© Photo Roulette

Il est facile d’imaginer les dérives d’un tel jeu : entre les photos intimes, les captures d’écran de conversations ou les informations confidentielles, Photo Roulette joue avec la vie privée de ses utilisateur·rice·s. "Je joue en général avec des personnes en qui j’ai confiance. Étant donné qu’il y a de tout dans ma galerie, on ne sait jamais, on peut donner des 'armes' aux gens", expliquait un joueur interrogé par Ouest France.

Sans compter qu’il est aussi possible d’inviter des joueur·se·s inconnu·e·s avec le code de la partie. Les développeur·se·s sont d’ailleurs bien conscient·e·s des dangers, puisqu’avoir au moins 16 ans est requis pour commencer le jeu (même s’il n’y a aucun moyen de vraiment le vérifier). Ces dernier·ère·s leur conseillent d’ailleurs de supprimer tout contenu sensible ou privé avant de lancer une partie.

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© Photo Roulette

Sauf qu’en dehors des nudes qui peuvent fuiter en pleine soirée, les conditions d’utilisation font aussi tiquer. L’application se réserve le droit de stocker les photos des joueur·se·s durant 24 heures ainsi que leurs métadonnées (c’est-à-dire la date et le lieu de prise de vue) durant six mois, et de les partager avec des entreprises tierces.

"Si les métadonnées des photos sont combinées avec votre empreinte sur les réseaux sociaux, c’est un accès à votre vie privée plus important que vous ne l’auriez imaginé", explique Christine Elgersma du site de contrôle parental Common Sense Media dans les lignes du Wall Street Journal. Bref, pour plus de sûreté, mieux vaut s’en tenir à un bon vieux Time’s Up.

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Par Pauline Allione, publié le 10/03/2020