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L’Arkansas interdit les transitions médicales aux mineurs transgenres

Publié le

par Pauline Ferrari

© JULIE BENNETT / GETTY IMAGES AMÉRIQUE DU NORD / AFP

C’est le premier État américain à légiférer sur le sujet.

L’Arkansas est devenu mardi le premier État américain à interdire aux mineurs qui ne se reconnaissent pas dans leur genre de naissance l’accès à des traitements hormonaux ou à des opérations. Cette décision est la dernière illustration de l’offensive conservatrice en cours contre les personnes transgenres aux États-Unis.

"Aujourd’hui, les élus de l’Arkansas ont fait fi de l’opposition généralisée et massive à ce projet de loi et ont poursuivi leur croisade discriminatoire contre les jeunes transgenres", a dénoncé une représentante de la puissante association américaine des droits civiques ACLU, Holly Dickson.

Les élus de cet État du sud, connu pour son conservatisme chrétien, ont décidé d’outrepasser le veto du gouverneur Asa Hutchinson qui voyait dans le texte "une trop grande ingérence des autorités" dans la santé des individus. "L’État ne doit pas s’arroger le droit de se mêler de toutes les questions médicales, humaines et éthiques", a-t-il déclaré.

L’Arkansas a adopté récemment plusieurs projets de loi qui visent à limiter les droits des personnes transgenres. Le dernier en date vise à interdire aux femmes transgenres de concourir dans des compétitions sportives féminines.

Les droits des personnes transgenres régressent aux États-Unis depuis l’ère Trump

Cette question est le cheval de bataille de nombreux conservateurs américains, et des projets de loi du même acabit existent dans de nombreux États. L’Alabama et le Tennessee ont également enclenché le processus législatif visant à interdire les traitements aux mineurs trans. De leur côté, le Mississippi et le Tennessee ont déjà interdit aux personnes trans de concourir dans des compétitions sportives

Le groupe de défense des droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis, Human Rights Campaign, a dit avoir recensé au total plus de 195 textes "anti-LGBTQ" en débat aux États-Unis, et des "projets de loi anti-trans" dans plus de 30 États.

Durant le mandat de Donald Trump, les droits des personnes trans ont particulièrement régressé. Par exemple, en 2019, le ministère de la Justice avait demandé à la Cour suprême, la plus haute instance en la matière des États-Unis, de créer un précédent qui permettrait aux employeurs de renvoyer un salarié au motif qu’il ou elle est une personne transgenre.

Le nouveau président américain Joe Biden s’est positionné sur le sujet, promulguant au premier jour de son mandat un décret visant à "prévenir et combattre les discriminations sur la base de l’identité de genre ou l’orientation sexuelle".

Konbini news avec AFP 

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