(c) Dan Kitwood, Getty images

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"Femmes indignes" : le groupe Facebook misogyne et violent aux 56 000 membres

Ils partageaient des photos volées de femmes voire même de jeunes filles mineures, assorties de propos ultra violents.

"Les traces de ceinture que ça mérite un cul pareil putain", voilà le genre de messages que s’échangeaient les membres de "Femmes indignes 6.0 résurrection". Après la Ligue du LOL, un nouveau groupe Facebook misogyne et violent fait la une de la presse.

Si la Ligue du LOL réunissait une poignée d’hommes, ils étaient 56 000 cooptés dans le groupe "Femmes indignes". 20 Minutes publie ce vendredi 5 juillet une enquête consacrée à ce groupe nauséabond, dont les échanges sont désormais scrutés par la justice.

Ils faisaient souvent référence aux femmes à l’aide d’initiales : "LV" pour "lave-vaisselle" ou encore "lave-verge". Tout sauf le mot "femme", à en croire le quotidien qui liste les autres insultes imaginées par ses membres : "chiennes", "escabeaux", "salopes", "trous".

La justice enquête actuellement sur ce groupe Facebook qui, si on en croit son nom ; "6.0 résurrection", pourrait bien être une hydre toujours renaissante. Une plainte a été déposée en mars 2018 pour "injure publique à caractère sexiste" et "incitation publique à la violence en raison du sexe" par le Collectif féministe contre le viol, après qu’une première plainte a été classée sans suite en février 2018.

"Encore une LV bien dressée"

Créé en 2017, le groupe a depuis été fermé par Facebook suite à de nombreux signalements, au motif qu’il ne respectait pas les "standards de la communauté en matière de nudité et de pornographie".

En plus de ces messages d’insultes, les membres du groupe échangeaient des images de femmes voire de mineures, volées. 20 Minutes rapporte ces commentaires sous l’image d’une silhouette féminine couverte d’hématomes :

"L’œuvre d’un grand dresseur de LV ça","Encore une LV bien dressée", "LV corrigée bien comme il faut" ou "On ne peut qu’applaudir une si belle démonstration de dressage."

Jusqu’alors Facebook refusait de communiquer l’identité des administrateurs. Mais le 25 juin dernier, le secrétaire d’État au numérique a annoncé que Facebook s’engageait désormais à fournir les adresses IP lorsqu’elles seront demandées par des magistrats français, y compris dans des dossiers liés aux cyberviolences, précise 20 Minutes.

"Prendre une photo intime d’une femme sans son consentement, la publier, l’assortir d’injures, tout cela tombe sous le coup de la loi", a assuré Marlène Schiappa dans un entretien accordé au quotidien national, avant d’ajouter : "Honnêtement, dans le cas de ce groupe tout l’arsenal législatif existe."

Par Clothilde Bru, publié le 05/07/2019

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