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Des députés saisissent le CSA après les propos transphobes d’Élisabeth Roudinesco

Publié le

par Pauline Ferrari

© Captures d’écran Quotidien – TMC

Invitée à l’émission Quotidien, l’historienne a parlé d'une "épidémie de transgenres".

Mercredi 10 mars sur le plateau de l’émission Quotidien de Yann Barthès, diffusée sur TMC, l’écrivaine et historienne Élisabeth Roudinesco a comparé les personnes transgenres à une "épidémie". Elle était invitée pour présenter Soi-même comme un roi, essai sur les dérives identitaires, publié aux éditions Seuil. 

Interrogée sur la récente décision concernant la petite Lilie 8 ans, qui s’est vu refuser son changement de prénom par l’État civil, elle a déclaré : "Il y a des dérives de genre. [...] Aujourd’hui, on a supprimé la différence anatomique au nom du genre. On peut se sentir 'fluide' mais il ne faut pas assigner. [...] Je trouve qu’aujourd’hui, il y a une épidémie de transgenres, il y en a beaucoup trop." 

Des propos violents qui ont enflammé la Toile : les internautes ont dénoncé les propos de l’historienne, mais également le silence du présentateur Yann Barthès, qui n’a ni interrompu ni corrigé son invitée. De nombreux militants ont appelé à saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) après ces propos, interpellant au passage les ministres Marlène Schiappa et Élisabeth Moreno. 

Trois députés LREM ont saisi le CSA pour "atteinte à la dignité des personnes transgenres"

Suite à cette séquence, trois députés de la majorité ont eux aussi saisi le CSA concernant "les propos transphobes énoncés", estimant que la chaîne TMC a manqué à ses obligations. "La loi prévoit que les diffuseurs doivent s’assurer que les programmes ne contiennent pas d’incitation à la haine à raison de l’identité de genre", a rappelé Raphaël Gérard, député LREM de Charente-Maritime, sur Twitter. 

Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock et Valérie Petit se réfèrent à l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986, considérant que les propos d’Élisabeth Roudinesco "portent atteinte à la dignité des personnes transgenres, en renouant avec une longue tradition de pathologisation des corps". Les trois députés ont demandé au CSA un "examen circonstancié" de la séquence, afin de prendre "les mesures nécessaires afin de faire respecter les obligations prévues par la loi et d’inviter le diffuseur à restaurer la dignité des personnes". Ce n’est pas la première fois que l’émission de Yann Barthès fait polémique : il y a quelques jours, Quotidien avait invité Patrick Poivre d’Arvor, accusé de viol.

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