A picture taken on July 14, 2018 shows French President Emmanuel Macron (R) walking ahead of then top security aide Alexandre Benalla at the end of the Bastille Day military parade in Paris. – French President Macron, trying to curb the most damaging scandal of his presidency so far, on July 20, 2018 fired a top security aide who has been taken into custody after videos emerged showing him strike a young man during a demonstration in Paris in May. The Elysee Palace said that Alexandre Benalla, 26, would be dismissed after « new elements » emerged in the case, namely that he is suspected of unlawfully receiving police surveillance footage in a bid to clear his name. A source close to the inquiry said that three police officers, including two high-ranking officials, have been suspended on suspicion of providing the footage to Benalla. He is facing charges of violence by a public official, impersonating a police officer and complicity in unauthorised use of surveillance footage, the Paris prosecutor’s office said. (Photo by PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP)

"Tu vas les bouffer" : Mediapart dévoile des enregistrements de Benalla "qui vont faire trembler l’Élysée"

Selon les dires d’Alexandre Benalla, qui s’imagine tête de liste aux élections européennes, l’ancien collaborateur de l’Élysée bénéficierait du soutien sans faille d’Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron et Alexandre Benalla, le 14 juillet 2018. (© Philippe Wojazer/POOL/AFP)

"Les enregistrements qui changent tout" : c’est ainsi que Mediapart a intitulé sa nouvelle enquête, publiée ce jeudi, après plusieurs mois d’investigation. Le média en ligne dévoile des enregistrements édifiants d’une discussion entre Alexandre Benalla, ex-collaborateur du président, et Vincent Crase, ancien responsable de la sécurité de La République En Marche.

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Les enregistrements datent de fin juillet 2018. Depuis les révélations sur les violences commises le 1er mai Place de la Contrescarpe, les deux hommes, mis en examen, ont pourtant interdiction de se voir. Mediapart révèle aujourd’hui qu’ils ont violé leur contrôle judiciaire, en se voyant donc le 26 juillet dernier, et publie des extraits de cette rencontre, qui devraient "faire trembler l’Élysée".

À leur écoute, le plus stupéfiant, c’est que dans les extraits sonores – à retrouver en intégralité sur Mediapart, face à un Vincent Crase évidemment inquiet devant la tempête médiatique et judiciaire qui s’abat sur eux, on trouve un Alexandre Benalla pratiquement imperturbable, tout à fait capable d’ironiser sur la situation et qui pense déjà à l’avenir.

Premier point : à l’entendre, Alexandre Benalla est assuré du soutien total d’Emmanuel Macron, qu’il surnomme "le patron". Dans l’un des enregistrements, on l’entend déclarer avoir reçu un texto du chef de l’État dont le contenu serait le suivant : "Tu vas les bouffer. T’es plus fort qu’eux, c’est pour ça que je t’avais auprès de moi." Un SMS dont le contenu a été démenti par l’Élysée à Mediapart.

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Le jeune homme de 26 ans semble sûr de lui : "Il [Emmanuel Macron, ndlr] fait plus que nous soutenir […]. Il est comme un fou", déclare-t-il à l’adresse de Vincent Crase, assurant également avoir l’appui de la Première dame Brigitte Macron, surnommée "Madame", et du conseiller du président Ismaël Emelien, surnommé "Isma".

"Tu vas voir, je vais rebondir"

Vincent Crase (© Bertrand Guay/AFP)

Certains considèrent qu’à cinquante ans, si t’as pas de Rolex, t’as raté ta vie. D’autres, comme Alexandre Benalla, sont fiers, à seulement 26 ans, de "provoquer deux commissions d’enquête parlementaires" et de "bloquer le fonctionnement du Parlement". C’est ce qu’il déclare, le ton rieur en évoquant "une bonne expérience" pour son âge, à Vincent Crase, qui parle pour sa part d’un "film d’horreur".

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Et puis, il s’imagine tête de liste aux élections européennes, selon les dires de l’ancien député Nicolas Bays. Alexandre Benalla aurait déclaré à ce dernier : "Tu vas voir, je vais rebondir, je vais tous les avoir, je vais monter une liste aux européennes, je vais parler sécurité, immigration, on ne pourra pas venir me chercher sur ces sujets-là."

Du côté de Vincent Crase, c’est une toute autre ambiance : ce dernier s’inquiète du chômage qu’il pourrait ne pas percevoir s’il était licencié pour faute lourde. Mais pas seulement : les perquisitions au siège du parti ne semblent pas être de bon augure pour lui. Il évoque même l’idée d’aller y faire le ménage pendant la nuit, avant une perquisition : "J’essaierais bien d’y aller cette nuit, mais le problème, c’est qu’il y a des flics devant…", déclare-t-il.

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Enfin, Mediapart assure qu’Alexandre Benalla a tenu un rôle majeur dans la négociation d’un contrat entre Iskandar Makhmudov, un oligarque russe soupçonné de liens avec la mafia, et Mars, l’entreprise de sécurité de Vincent Crase, contrairement à ce qu’Alexandre Benalla a affirmé sous serment devant la commission d’enquête du Sénat.

Par Astrid Van Laer, publié le 31/01/2019

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