© Philippe LOPEZ / AFP

Réforme des retraites : c'est au tour des policiers de se mobiliser ce mercredi

"Nous avons su démontrer notre capacité à sauver le pays, nous saurons démontrer notre capacité à défendre notre statut."

Lundi 2 décembre, des CRS avaient déjà déposé leurs casques et matraques à terre devant une caserne du Val-de-Marne, pour protester symboliquement contre le projet de réforme des retraites. C’était un "ultimatum", avaient-ils annoncé. Cette fois, les membres des forces de l’ordre devraient se joindre au mouvement de protestation générale avec un mode d’action nettement moins symbolique.

En effet, dans un communiqué, le syndicat de police Alliance a déclaré, conjointement avec l’Unsa Police et l’Unité SGP Police, qu’ils seraient "mobilisés pour la sauvegarde du statut des policiers le mercredi 11 décembre 2019 à 10 h 30 au siège du Conseil économique, social et environnemental, lors de l’intervention du Premier ministre".

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"Nous rappellerons 'tous ensemble' à cette occasion notre refus de toute réforme du statut des policiers et la préservation des acquis pour les personnels administratifs, techniques et scientifiques", ont-ils ajouté, expliquant que ce rassemblement avait "vocation à être unitaire" : "Donc nous appelons l’ensemble des organisations de tous corps, commissaires, officiers, administratifs, techniques et scientifiques à se joindre à ce mouvement."

Avant de poursuivre : "Nous avons su démontrer notre capacité à sauver le pays, nous saurons démontrer notre capacité à défendre notre statut." Vendredi, le syndicat avait déjà déclaré : "Fini le burn-out, en avant pour le black-out" et expliquait leurs revendications :

"Quel que soit son lieu d’affectation, le policier est confronté à un malaise encore inégalé, à des conditions de travail déplorables, à une remise en cause quasi-systématique de son action, à des agressions verbales et physiques en constante augmentation… L’exemple des derniers courriers anonymes reçus par nos collègues en est la dramatique illustration…"

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"On en a ras le bol de la com''"

Les policiers ne disposant pas du droit de grève, ils ont déclaré il y a plusieurs jours déjà qu’ils allaient s’en tenir au "service minimum". Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait pourtant tenté de calmer les esprits en leur faisant parvenir un courrier dans lequel il écrivait notamment :

"Pour les policiers, des spécificités seront conservées pour les fonctionnaires qui exercent des missions régaliennes de sécurité et d’ordre public pendant une période minimale.

Pour ces fonctionnaires, les droits à un départ anticipé resteront ouverts comme aujourd’hui, sans changement. Le champ des emplois concernés, comme la durée minimale d’activité dans ces fonctions, fait actuellement l’objet de concertations avec vous."

Mais sans succès. Pour le syndicat Alliance, cette initiative a été "plutôt mal accueillie". "On en a ras le bol de la com', et cette lettre, c’était de la com', il n’y avait rien dedans'", avait fustigé le secrétaire national adjoint du syndicat, David Olivier Reverdy, sur France info.

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Par Astrid Van Laer, publié le 10/12/2019