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"Le racisme éhonté et la xénophobie" de l’Italie inquiètent l’ONU

L’organisation internationale fait un lien entre le regain de violence en Italie et la rhétorique xénophobe de ses dirigeants.

© Stefano Montesi - Corbis/Corbis via Getty Images

Le leader d’extrême droite, Matteo Salvini n’a pas la langue dans sa poche. Il n’hésite pas à s’en prendre vertement aux migrants sur Twitter ou lorsqu’il prend la parole en public – un discours qui inquiète de plus en plus certaines instances onusiennes.

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Mercredi 21 novembre une note cosignée par plusieurs experts du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies s’inquiète du climat délétère qui règne en Italie et menace les réfugiés qui se trouvent sur son territoire.

"Ils considèrent que ce climat très intolérant est forcément lié avec l’intensification d’incidents haineux à l’encontre de groupes d’individus, parmi lesquels des enfants, sur la base de leur ethnie supposée ou réelle, leur couleur de peau et leur statut de migrant."

Pour ces observateurs, ça a à voir avec "le discours éhontément raciste et la rhétorique xénophobe, anti-migrants et anti-étrangers de certains hommes politiques durant la récente campagne." Si la note n’évoque jamais nommément le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, son ombre plane.

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Inquiétudes autour d’un décret "anti-migrants"

L’instance onusienne a recensé une augmentation des agressions raciales dans la période qui a suivi l’élection de mars 2019 et qui a propulsé au pouvoir la Ligue du Nord et le Mouvement cinq étoiles. Les populations d’origines rom et africaine sont particulièrement visées.

L’Organisation des Nations Unies condamne la campagne de dénigrement visant les associations qui sauvent des vies en Méditerranée et la criminalisation de l’aide portée aux migrants véhiculée par ce gouvernement.

"Sauver des vies n’est pas un crime. Défendre la dignité humaine n’est pas un crime. Des actes de solidarité et d’humanité ne devraient pas être poursuivis en justice", soulignent ces experts.

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Elle s’inquiète également des prochaines réformes qui pourraient être votées par le Parlement italien. D’ici la fin du mois de novembre, la Chambre des députés doit approuver, un texte baptisé loi "anti-migrants" adoptée fin septembre par le gouvernement d’union Ligue/M5S. Il vise notamment à rendre exceptionnels les permis de séjour humanitaires et prévoit une procédure d’urgence afin de pouvoir expulser tout demandeur d’asile considéré comme "dangereux", précise RFI.

Par Clothilde Bru, publié le 22/11/2018

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