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Deux femmes s'apprêtent à prendre la tête de l'Union européenne

Les 28 États membres se sont mis d'accord sur la répartition des postes clefs de l'UE. Mais qui va faire quoi ?

Après 48 heures de marchandage, les dirigeants européens se sont entendus mardi sur leur casting pour diriger l’UE, qui verra ainsi deux femmes occuper pour la première fois deux postes clés : la ministre allemande Ursula von der Leyen à la Commission, et la Française Christine Lagarde à la BCE.

La présidence du Conseil européen sera occupée par le Premier ministre libéral belge Charles Michel, tandis que le ministre socialiste espagnol Josep Borrell hérite du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères.

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Qui va faire quoi au plus haut sommet de l’UE ?

Von der Leyen à la Commission

Ursula von der Leyen va piloter la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, qui détient le quasi-monopole de l’initiative législative. Elle doit ensuite veiller à la bonne application des textes et au respect des traités.

Elle a sous sa direction un collège composé de 27 commissaires (ils ne seront plus que 26 après le départ du Royaume-Uni de l’UE), un par État membre en plus du président. Ce collège couvre les champs de compétence de l’UE, des affaires économiques à la justice en passant par la concurrence, l’agriculture, l’énergie ou le numérique.

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Le mandat de la présidente est de cinq ans, renouvelable une fois.

Michel, président du Conseil 

Charles Michel dirige le Conseil européen, cénacle des chefs d’État et de gouvernement de l’UE chargé de définir les orientations de l’Union et de lui donner l’impulsion politique.

Le poste de président permanent existe seulement depuis 2009 : il est avant tout chargé de trouver un consensus entre les États.

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Chef d’orchestre des sommets européens (qui réunissent les dirigeants généralement à Bruxelles), il coordonne et préside les travaux. Il représente l’UE à l’étranger avec le président de la Commission.

Son mandat est de deux ans et demi, renouvelable une fois.

Borrell, chef de la diplomatie européenne

Le poste de "Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité" a été créé il y a dix ans. Il a pour rôle de coordonner la politique extérieure et de défense de l’UE, une tâche délicate face aux États membres.

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Le Haut représentant est à la fois membre de la Commission européenne, dont il est vice-président, et du Conseil puisqu’il préside les réunions des ministres des Affaires étrangères et assiste aux sommets des chefs d’État ou de gouvernement.

Son titulaire est nommé pour cinq ans.

Lagarde, présidente de la BCE

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) occupera un mandat unique de huit ans, pendant lequel elle va élaborer et mettre en œuvre la politique monétaire de l’UE, en particulier les conditions de crédit qui touchent un grand nombre des 340 millions de citoyens de l’UE.

Sa présidence s’exerce tant sur le directoire de six membres de l’institut monétaire que sur le conseil des gouverneurs, élargi aux dix-neuf gouverneurs de banques centrales nationales de la zone euro. 

La voix de la présidente est prépondérante au moment de décider de la montée ou la baisse des taux d’intérêt et sur d’autres outils de soutien à l’économie.

En dehors des murs de la BCE à Francfort, la présidente rend compte tous les trimestres devant le Parlement européen et prononce des discours scrutés de très près par les marchés, où de simples mots peuvent peser très lourd. Comme en juillet 2012 à Londres, lorsque le président de la BCE, Mario Draghi, a pu sauver l’euro d’un simple "quoi qu’il en coûte" entré dans l’histoire.

Président du Parlement européen

Élu pour deux ans et demi (renouvelables), soit la moitié de la législature de cinq ans, le président du Parlement européen dirige l’ensemble des travaux de cette institution, élue directement par les citoyens de l’Union depuis 1979.

Il représente le Parlement vis-à-vis du monde extérieur et dans ses relations avec les autres institutions de l’Union, siège aux séances plénières, veille au respect des procédures et signe le budget et les lois de l’UE.

Les pouvoirs de cette institution ont été progressivement renforcés, particulièrement par le traité de Lisbonne en 2009. Plus de 40 nouveaux domaines sont tombés dans le champ de la procédure dite de "codécision", qui met le Parlement sur un pied d’égalité avec le Conseil. 

Cela concerne l’agriculture, la sécurité énergétique, l’immigration, la justice et les affaires intérieures, la santé et les fonds structurels.

Les députés donnent leur aval aux accords internationaux, notamment commerciaux.

Konbini news avec AFP

Par Clothilde Bru, publié le 03/07/2019

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