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Pour certains, la panne de Facebook est… un gigantesque complot

Publié le

par Pauline Ferrari

© Kirill Kudryavtsev/AFP

Sur des messageries comme Telegram, des groupes complotistes ont vu dans le bug généralisé le début de l’apocalypse.

Cela ne vous a sûrement pas échappé : durant plus de six heures, dans la soirée de lundi à mardi, Facebook ainsi que ses applications Messenger, Instagram et WhatsApp ont été victimes d’un bug généralisé. Des millions d’internautes ne pouvaient plus accéder aux services du géant de la Silicon Valley, qui avait tout simplement "disparu" d’Internet.

Il n’en fallait pas moins pour que de nombreux internautes adeptes des théories du complot crient à la supercherie, voire au complot mondial, sur des groupes Telegram ou Signal. Dans un thread, captures d’écran à l’appui, un internaute spécialisé en fact-checking partage des extraits des discussions de cette soirée sans Facebook.

"Ce monde est en train de basculer", "Ils veulent nous isoler. Nous couper socialement. Rendez-vous aux églises. Préparons-nous à des heures noires", "Telegram va tomber" : voici ce qu’on peut lire sur ces groupes, persuadés que l’immense bug des réseaux sociaux signe le début de l’apocalypse, façon grand bug de l’an 2000.

On y retrouve même des messages de "rumeurs" pseudo-informant d’une coupure massive d’Internet : "D’abord les réseaux sociaux, suivis par le reste du Net de surface." De même qu’une photo floue évoquant des "dizaines de camions de l’armée en direction de Paris".

Le même internaute partage également une vidéo d’un croyant de QAnon, évoquant le "début du black-out", et reliant la panne à des textes de "Q", la figure omnisciente des réseaux complotistes américains.

Sur Twitter, de nombreux comptes relayent des images visant à "prouver" que ce black-out ne serait qu’une étape supplémentaire à un nouvel ordre mondial, dans la juste lignée d’un virus qui serait créé en laboratoire, de la vaccination obligatoire et du pass sanitaire.

"Allez, ça y est, les complotistes réactionnaires haineux crient au complot"

Pourtant, pour de nombreux internautes, ces théories du complot liées à la panne massive de Facebook et consorts ont été l’occasion de se moquer… des complotistes.

Double coup dur pour l’empire de Mark Zuckerberg : cette panne généralisée fait suite à des révélations de la lanceuse d’alerte Frances Haugen, ingénieure informatique âgée de 37 ans, qui a quitté Facebook en mai dernier. Dans une interview diffusée dimanche soir sur la chaîne américaine CBS, elle a accusé l’entreprise américaine de choisir "le profit plutôt que la sûreté". Elle dépeint un groupe obsédé par la recherche de trafic et les recettes publicitaires. Elle va être entendue par le Sénat américain, et demande une meilleure régulation des réseaux sociaux.

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