La police arrête un manifestant à Santiago, le 20 octobre 2019. © CLAUDIO REYES / AFP

En photos : émeutes, pillages et violences déchirent le Chili

Le Chili est secoué depuis vendredi par des émeutes et des pillages qui ont fait sept morts.

De violents affrontements 

Le 18 octobre, Santiago a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants protestant contre l’augmentation des prix des transports. Ces troubles ont obligé les autorités à boucler toutes les stations de métro.

Avant ces fermetures, des appels à monter dans les trains sans billet avaient circulé, pour protester contre l’augmentation des prix des tickets de métro, qui sont passés de 800 à 830 pesos, l’équivalent d’1,04 euro, aux heures de pointe, après déjà une première augmentation de 20 pesos en janvier dernier.

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La veille, 33 personnes avaient été arrêtées pour d’importantes dégradations dans les stations de métro de la capitale. Dans la soirée, le président conservateur Sebastián Piñera avait décrété l’état d’urgence à Santiago et confié à un militaire, le général Javier Iturriaga, la responsabilité d’assurer la sécurité des personnes.

Affrontements entre la police et les manifestants, le 20 octobre 2019 à Santiago. © CLAUDIO REYES / AFP

Instauration d’un couvre-feu

Le lendemain, des milliers de personnes ont manifesté de nouveau à Santiago mais aussi dans des grandes villes comme Valparaíso et Viña del Mar, sans qu’aucun désordre majeur n’y soit cependant signalé.

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Manifestations à Valparaíso, le 20 octobre 2019. © JAVIER TORRES / AFP

Sebastián Piñera a tenté de désamorcer la crise en annonçant la suspension de la hausse des prix des tickets de métro. En parallèle, le général Iturriaga a décrété un couvre-feu total dans la capitale à partir de dimanche 20 octobre. 

Deux personnes sont mortes dans l’incendie d’un supermarché, dans la banlieue de Santiago, survenu après un pillage, et une autre est gravement blessée.

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Incendie d’un supermarché à Santiago, le 20 octobre 2019. © Pablo VERA / AFP

Le Chili "en guerre"

Dimanche, les émeutes se sont poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers dans l’après-midi dans le centre de Santiago, tandis que des pillages se sont déroulés dans plusieurs endroits de la capitale.

La police arrête un manifestant à Santiago, le 20 octobre 2019. © CLAUDIO REYES / AFP

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Cinq personnes sont mortes dans l’incendie d’une usine de vêtements en proie à des pillages, dans le nord de Santiago, portant à sept le nombre de morts depuis le début des émeutes. 

Les autorités chiliennes ont renouvelé le couvre-feu pour la deuxième nuit consécutive dans la capitale et l’état d’urgence a été étendu à neuf des 16 autres régions du pays.

Près de 10 000 policiers et soldats ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet, tombée en 1990.

"Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite", a déclaré le chef de l’État à la presse.

À l’aéroport de la capitale, des milliers de voyageurs dont les vols ont été annulés ou retardés ont passé la nuit bloqués par le couvre-feu et l’absence de transports publics.

Aéroport de Santiago, le 20 octobre 2019. © Pedro Ugarte / AFP

Selon les autorités, 1 462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.

Konbini avec AFP

Par Astrid Van Laer, publié le 21/10/2019

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