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Ouïghours : Bruxelles veut interdire les produits issus du travail forcé

Publié le

par Clothilde Bru

© HANS LUCAS / Reuters

Plusieurs entreprises européennes sont soupçonnées de "profiter" du travail forcé des Ouïghours.

La Commission européenne va proposer que soit interdite dans l’Union européenne la vente de produits issus du travail forcé, a annoncé mardi 14 septembre sa présidente Ursula von der Leyen, ce qui pourrait concerner la production chinoise impliquant la minorité musulmane ouïghoure.

"Vingt-cinq millions de personnes dans le monde sont menacées de travail forcé ou y sont contraintes. Nous n’accepterons jamais qu’elles soient contraintes de fabriquer des produits pour que ces produits soient ensuite proposés à la vente ici en Europe", a déclaré la présidente de la Commission lors de son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Parlement européen à Strasbourg.

"Nous proposerons donc d’interdire sur notre marché les produits qui ont été fabriqués au moyen du travail forcé. Les droits de l’homme ne sont à vendre à aucun prix", a-t-elle ajouté.

Si la cheffe de l’exécutif européen n’a cité aucun pays précis, l’eurodéputé français Raphaël Glucksmann (S&D, gauche) s’est réjoui sur Twitter qu’Ursula von der Leyen ait "promis ce matin de bannir les produits de l’esclavage des Ouïghours du marché européen".

Pékin est accusé par les pays occidentaux d’interner massivement des membres de cette communauté à majorité musulmane et turcophone du Xinjiang (ouest de la Chine) dans de vastes camps de travail, que la Chine affirme être seulement des centres de formation professionnelle.

Konbini news avait pu recueillir le témoignage d’une rescapée de ces camps :

De nombreuses usines, notamment textiles, sont situées dans cette région, et fournissent selon des experts et ONG, des entreprises multinationales. 

Par ailleurs, concernant la Chine, Ursula von der Leyen a, dans son discours, également mis la pression sur Pékin pour "faire preuve de la même détermination" à atteindre ses objectifs "encourageants" de réduction d’émissions de gaz à effet de serre qu’à les définir.

La présidente de la Commission européenne a également souhaité que l’UE soit "plus présente et plus active dans la région" indo-pacifique et y repense sa stratégie d’investissements.

"Cela n’a pas de sens que l’Europe construise une route parfaite entre une mine de cuivre sous propriété chinoise et un port également sous propriété chinoise", a-t-elle souligné, appelant au contraire à "des investissements de qualité, connectant les biens, les personnes et les services dans le monde entier".

Konbini news avec AFP