© Ludovic MARIN / AFP

Les réponses d’Emmanuel Macron aux principales revendications des gilets jaunes

RIC, ISF, pouvoir d'achat ; quelles réponses le président a-t-il apporté aux demandes des gilets jaunes ?

C’était une première depuis son élection, il y a presque deux ans. Ce jeudi 25 avril, le président de la République a convoqué la presse à l’Élysée pour livrer son plan de bataille pour venir à bout de la crise des gilets jaunes. Comme Emmanuel Macron l’a rappelé dans un long propos liminaire, les gilets jaunes battent le pavé tous les samedis depuis près de 6 mois.

Après avoir porté son "grand débat" à travers la France pendant deux mois et demi, Emmanuel Macron fait d’abord le constat d’un "profond sentiment d’injustices fiscale, territoriale et sociale". Il a ensuite pointé du doigt le "manque de considération" dont souffraient certains Français, avant de déplorer un manque de confiance à l’égard de leurs élites. Enfin, il considère qu’une bonne partie du pays se sent abandonnée.

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Il a donc présenté son plan pour pallier le ressentiment. Lors de sa démonstration, il a eu l’occasion de revenir sur certains points clefs des revendications des gilets jaunes, sans lesquels rien de tout cela n’aurait eu lieu.

Le Référendum d’initiative citoyenne, c’est non

La mise en place du fameux référendum d’initiative citoyenne (RIC), cheval de bataille des gilets jaunes, a rapidement été écartée par le chef de l’État au motif qu'"il remet en cause la démocratie représentative." Et d’ajouter : "Je crois malgré tout que nous devons donner plus de place à la voie référendaire dans notre démocratie". Pour se faire il souhaite rendre le référendum d’initiative partagée, qui figure déjà dans notre Constitution, plus accessible. Actuellement, il nécessite le soutien de 20 % des parlementaires et de 10 % du corps électoral, soit près de 4,5 millions de signatures.

Pour cela, il propose d’abaisser à un million, le nombre de signatures nécessaires pour saisir le Parlement. Dans le détail, il souhaite permettre "que l’initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu’elle puisse prospérer en projet de loi et, si elle n’était pas examinée par les Assemblées, aller au référendum".

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Revenir sur la réforme de l’ISF, c’est non

Il n’en démord pas, et c’est pourtant tout un symbole. Emmanuel Macron a à nouveau défendu la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Pour rappel, c’est l’une des premières mesures qu’il a prises au début de son quinquennat. Elle a participé à lui donner cette image de "président des riches", qui lui colle aujourd’hui à la peau. "Ce n’est pas un cadeau pour les plus fortunés", a-t-il à nouveau tenté de soutenir. Peu importe. La réforme de l’ISF a souvent été critiquée lors du grand débat et lors des manifestations des gilets jaunes.

Il a toutefois annoncé qu’elle sera évaluée en 2020 : "Si elle n’est pas efficace nous la corrigerons ; si elle est trop large et qu’elle a des effets pervers, ils seront corrigés."

Quid du pouvoir d’achat ?

Pour beaucoup de commentateurs, c’est la baisse du pouvoir d’achat, exacerbée par la hausse du prix de l’essence, qui a poussé bon nombre de Français à revêtir un gilet jaune et occuper les ronds-points. Emmanuel Macron l’a compris : c’est l’injustice fiscale qui préoccupe ses concitoyens. Aussi a-t-il proposé tout un tas de mesures pour atténuer ce sentiment, parmi lesquelles la baisse des impôts : "Il me semble que la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale, n’est pas d’augmenter les impôts de tel ou tel, mais plutôt de baisser les impôts pour un maximum de nos concitoyens, en particulier pour celles et ceux qui travaillent", a-t-il déclaré.

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Comment financer ce manque à gagner de 5 milliards d’euros, selon les estimations du président ? Il s’agit pour les Français de travailler plus pour financer cette baisse. Voici son plan dans le détail : "J’ai demandé au gouvernement de mettre en œuvre cette baisse d’impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique".

En guise de réponses à ces annonces, Priscilla Ludosky, un des visages du mouvement, a choisi de poster sur Twitter les dates des prochaines manifestations.

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Par Clothilde Bru, publié le 25/04/2019

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