(c) Disclose/Facebook

Les dockers de Marseille refusent de charger des armes à destination de l’Arabie saoudite

La France est accusée de prendre indirectement part à la guerre au Yémen en fournissant des armes à l'Arabie saoudite.

Le port de Marseille-Fos "ne servira pas à charger des armes ou des munitions", a assuré mardi 28 mai à l’AFP Laurent Pastor, secrétaire général CGT des dockers de Fos-sur-Mer. Dans un communiqué relayé par Disclose sur Facebook, le syndicat CGT des dockers du port de Marseille-Fos a ajouté : "Fidèles à leur histoire et valeurs de paix […], ils ne chargeront aucune arme, aucune munition pour quelque guerre que ce soit."

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Depuis plusieurs semaines, la France, qui fournit des armes à l’Arabie saoudite et à ses alliés, est accusée de prendre indirectement part à la guerre au Yémen, qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2015 et a ainsi participé à créer l’une des pires crises humanitaires au monde, selon l’ONU.

En avril dernier, le média d’investigation à but non lucratif Disclose, en partenariat avec Konbini, révélait l’utilisation d’armes françaises dans la guerre au Yémen : Mirage 2000-9, technologie laser, navires de guerre… servent à la pétromonarchie dans ce conflit, responsable de la mort de milliers de civils dont des enfants.

Un document ultrasecret daté de septembre 2018, que le média d’investigation s’est procuré, révélait des informations qui faisaient mentir plusieurs ministres sur le sujet.

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Aujourd’hui, Disclose affirme que le cargo Bahri Tabuk doit charger des munitions de canons français à destination de l’Arabie saoudite ce mercredi 29 mai, après que les dockers ont refusé d’effectuer le chargement hier.

De son côté, la société représentant en France l’armateur saoudien Bahri dément fermement. Selon Shipping Agency Service, interrogé par l’AFP, ce sont uniquement des générateurs électriques que le Bahri Tabuk compte embarquer mercredi : "Ce sont des 'fake news'", a-t-on affirmé.

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La question de la livraison d’armes par la France à l’Arabie saoudite a par ailleurs fait l’objet de nouvelles discussions houleuses hier à l’Assemblée nationale.

À cette occasion, la ministre de la Défense Florence Parly a répété les arguments utilisés par le gouvernement français pour répondre à Disclose le 15 avril dernier.

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Par Clothilde Bru, publié le 29/05/2019

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