(c) BORIS HORVAT / AFP

Égypte : pour empêcher la propagation du mouvement, le gouvernement interdit la vente de gilets jaunes

Le gouvernement craint que le mouvement des gilets jaunes ne gagne le pays.

(c) BORIS HORVAT / AFP

Véritable phénomène qui retient l’attention du monde entier ces dernières semaines, le mouvement des gilets jaunes inquiète jusqu’en Égypte. Selon une information de l’Associated Press relayée par le Washington Post, le gouvernement a décidé d’interdire la vente de cet accessoire désormais associé à des scènes de violences et de révoltes.

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Les autorités craignent en effet que les gilets jaunes n’essaiment leurs idées en Égypte à la faveur de l’anniversaire de la révolution de 2011, en janvier prochain. Une crainte pas si absurde dans la mesure où le mouvement français a déjà fait des émules dans d’autres pays d’Europe, comme la Belgique, la Bulgarie ou encore l’Allemagne.

L’Égypte s’apprête à célébrer le huitième anniversaire de la révolution de 2011 qui, pour rappel, avait conduit à la démission de Hosni Moubarak et à une libéralisation du régime. Selon l’Associated Press, le gouvernement a discrètement pris des mesures pour tenter de prévenir un rassemblement de gilets jaunes "made in Égypte".

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Les revendeurs du gilet de sécurité ont interdiction d’en fournir à des particuliers sans dérogation policière. Ils doivent se contenter d’approvisionner les grossistes et les sociétés certifiées jusqu’à fin janvier, soit après la date anniversaire.

Certains ont témoigné anonymement : "La police est venue il y a quelques jours et elle nous a ordonné d’arrêter d’en vendre. Quand on a demandé pourquoi, ils ont répondu que c’étaient les nouvelles instructions."

"Les autorités égyptiennes répriment assez violemment les manifestations"

“Il y a des images des gilets jaunes à Paris qui sont passées à la télévision en Égypte. Les Égyptiens ont eu accès à des vidéos de manifestations, dont certaines scènes de violences et de pillages", explique à Konbini news Lélia Rousselet, chercheuse en relations internationales et vice-présidente de l’Institut Open Diplomacy.

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Or, la loi est particulièrement stricte en matière de rassemblements. Les manifestations sont tout bonnement interdites en Égypte, sauf dérogations particulières. Pour le président Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige le pays depuis 2014, l’anniversaire de la révolution du 25 janvier 2011 est toujours un moment redouté. La chercheuse confirme :

"Il arrive que les autorités égyptiennes répriment assez violemment les manifestations. Chaque année, les autorités égyptiennes mettent en place un certain nombre de mesures. Il y a d’importants contingents de soldats et de policiers qui sont déployés pour éviter tout débordement et toute commémoration massive."

D’autant que le gouvernement égyptien garde bien en tête le début du mouvement de 2011. Comme le rappelle l’Associated Press, la révolution est née dans le sillage des printemps arabes.

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Alors que le mouvement s’essouffle quelque peu en France, pourrait-il renaître en Égypte ? Si les revendications des Égyptiens sont très différentes de celles des Français, qui manifestent pour leur pouvoir d’achat, le gilet jaune pourrait-il devenir le symbole universel des mécontentements ?

Par Clothilde Bru, publié le 11/12/2018

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