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Le mouvement d'extrême droite Boogaloo inquiète aux États-Unis

Publié le

par Hugo Coignard

© LOGAN CYRUS / AFP

Ils sont pro-armes à feu, néonazis ou suprémacistes blancs... et détestent la police.

Un mouvement d’extrême droite, dont les adeptes lourdement armés ont perturbé les récentes manifestations antiracistes aux États-Unis, est soudain devenu l’un des premiers sujets d’inquiétude des autorités américaines depuis que l’un d’entre eux a tué deux policiers en Californie.

Deux policiers tués par un militaire lié à Boogaloo

Rares sont ceux qui avaient entendu parler du mouvement Boogaloo avant cette année. Mais mardi, un sergent californien de l’armée de l’air lié à ce groupe, Steven Carrillo, a été inculpé du meurtre d’un policier de la ville d’Oakland durant une récente manifestation contre le racisme et les violences policières le 29 mai.

Huit jours plus tard, son van a été retrouvé plus au sud, près de la ville de Santa Cruz. Lorsque les policiers se sont approchés de sa résidence, il les a pris en embuscade et a tué un second agent.

Steven Carrillo, qui possédait chez lui et dans son van des armes, munitions et de quoi fabriquer une bombe, a écrit "boog" sur le capot de son véhicule, avec son propre sang, au moment de son arrestation. 

Ils veulent la guerre civile et raciale

C’est le deuxième cas d’arrestation de militants de ce groupe d’extrême droite en lien avec le mouvement de protestation historique ayant suivi la mort de George Floyd, asphyxié sous le genou d’un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

À Las Vegas, trois adeptes du mouvement Boogaloo ont été inculpés début juin d’incitation à la violence lors de marches pacifiques fin mai. Ils étaient notamment en possession d’un cocktail molotov.

D’autres membres de ce mouvement anti-gouvernement, qui promeut la guerre civile et raciale, ont été arrêtés ces derniers mois.

Ils détestent la police

Le terme Boogaloo, qui désigne un courant musical afro-cubain, est utilisé depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux en référence à une nouvelle guerre civile. Le mouvement, qui est peu organisé, rassemble des activistes anti-gouvernement et pro-armes à feu, des néonazis et des suprémacistes blancs.

Ce qui les rassemble, c’est leur haine de la police et des autorités et leur propension à porter des fusils d’assaut et des tenues militaires sur des chemises hawaïennes.

"Boogaloo est un terme d’argot pour la guerre civile ou révolutionnaire, expliquait récemment J. J. MacNab, une spécialiste de l’extrémisme de la George Washington University. Mais les sous-groupes qui utilisent ce terme tombent dans des catégories diverses et si jamais ils voulaient former un mouvement uni, ils ne parviendraient pas à s’entendre."

Ils communiquent par le biais des réseaux sociaux. Dans une étude publiée en avril, le Tech Transparency Project a dénombré 125 groupes dédiés à l’idéologie Boogaloo sur Facebook, avec des dizaines de milliers d’abonnés discutant d’armes, d’explosifs et de tactiques pour attaquer les autorités.

"Utiliser la pandémie à des fins violentes"

Le centre d’études londonien Institute for Strategic Dialogue a lié le mouvement aux opposants aux mesures de confinement imposées pour répondre à la pandémie de coronavirus. "Les discussions du Boogaloo se tournent de plus en plus vers la façon d’utiliser la pandémie de Covid-19 à des fins violentes", a-t-il indiqué dans un rapport.

C’était l’objectif dans le cas de Las Vegas. La police a suivi les trois hommes pendant plusieurs semaines grâce à un informateur selon lequel ils prévoyaient de faire exploser des bombes dans des bâtiments officiels en avril et d’y mettre le feu pendant les manifestations anti-confinement, selon l’acte d’accusation.

L’objectif était de provoquer une confrontation entre la police et les manifestants, précise le document.

Ils ont abandonné ce projet mais ont décidé d’adopter la même tactique lors des manifestations antiracistes fin mai, ajoute l’acte d’accusation. L’un d’eux "était très déçu que les manifestations soient restées pacifiques".

Konbini news avec AFP

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